Les autorités américaines soupçonnent des manipulations sur le marché des «swaps»
Après l’affaire du Libor, c’est le marché des «swaps» qui se retrouve dans le viseur des autorités américaines. La CFTC, l’organe de régulation des marchés de dérivés américains, a en effet lancé une vaste enquête sur de possibles manipulations de cours sur le marché des contrats de «swaps» qui représentait une taille de quelque 379.000 milliards de dollars fin juin 2012 au niveau international et de 164.000 milliards pour les contrats échangés en dollar, selon les chiffres de la Banque des Règlements Internationaux.
En outre, de nombreuses assignations à comparaître auraient déjà été lancées aux 16 plus importants établissements traitant ce type de produits, qui servent d’instrument de couverture contre les variations de taux d’intérêt et dont la jambe variable repose, dans sa version standard dite «vanille», sur les taux interbancaires (Libor, Euribor,…). Parmi ces établissements, le géant ICAP. Selon des sources concordantes, la CFTC aurait ainsi sollicité les témoignages d’anciens et actuels salariés du courtier interbancaire dans le cadre de son enquête. La CFTC soupçonne ainsi des courtiers d’ICAP de s’être entendus avec des opérateurs qui auraient tiré bénéfice de cotations falsifiées. L’autorité américaine travaille également avec son homologue européenne dans le cadre de l’affaire de manipulations des taux Libor.
ICAP, à l’instar de Tullett Prebon ou Cantor Fitzgerald, offre des cotations de «swaps» en continu par l’intermédiaire de sa plateforme ISDAFIX qui réunit les prix offerts et demandés fournis chaque jour par les plus gros établissements bancaires internationaux, dits «market makers». ISDAFIX fournit la cotation des taux des swaps contre les taux interbancaires de six devises et sont relayés sur Thomson Reuters et Bloomberg. Les banques contributrices sont : Bank of America, Barclays, BNP Paribas, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, JPMorgan, Mizuho Financial Group, Morgan Stanley, Nomura, RBS, UBS et Wells Fargo.
L’Association Internationale des Swaps et Dérivés (ISDA), qui fournit des contrats standards de référence pour les transactions, a confirmé avoir reçu une convocation et «coopérer entièrement» avec les autorités. De son côté, ICAP a indiqué ne pas avoir eu connaissance d’une quelconque enquête avant les première révélations de Bloomberg.
Une enquête qui viendra donner du grain à moudre à la restructuration des processus de trading sur le marché des «swaps» entreprise par la loi Dodd-Frank.
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