L’horizon s’est assombri pour les places boursières. Leur évolution dépend désormais de l’attitude des investisseurs à l’égard des grandes valeurs technologiques.
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Xavier Diaz
Les marchés actions réagissent d’autant plus vivement aux mauvaises nouvelles que les valorisations sont élevées.
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Prémices d’une nouvelle correction ou simples prises de bénéfices après le spectaculaire rallye depuis fin mars, les marchés actions ont accentué la semaine passée leur repli initié début septembre.
A Wall Street, l’indice S&P 500 qui avançait de plus de 10% depuis janvier à son pic le 2 septembre, a perdu toute son avance. Les valeurs américaines ont aligné une quatrième baisse hebdomadaire consécutive la semaine passée, leur plus longue période de sous-performance depuis un an.
En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 recule de 5% depuis début septembre avec une grande partie des pertes enregistrées la semaine passée.
L’horizon s’est brusquement assombri pour les marchés actions qui réagissent d’autant plus vivement aux mauvaises nouvelles que les valorisations sont élevées, principalement aux Etats-Unis. Même les bonnes nouvelles ne suffisent plus à soutenir les actions qui intègrent déjà largement un scénario de reprise. Les préoccupations entourant la crise sanitaire et l’inquiétude sur la reprise économique, ainsi que l’incertitude potentielle sur le résultat de l’élection américaine alors que les considérations politiques empêchent la conclusion d’un accord pour un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis, pèsent sur les actions.
Banques en berne
Les stratégistes de Barclays, qui anticipent des marchés encore agités au quatrième trimestre, ont réduit leur surexposition aux valeurs cycliques par rapport aux défensives. «La conjonction d’une abondance de liquidités de banques centrales et d’un scénario de reprise en V a permis le fort rebond des actions et la surperformance des cycliques. Néanmoins cette sorte de scénario idéal semble toucher à sa fin», estime Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays. En Europe, les secteurs value, avec les bancaires (qui ont atteint un nouveau plus bas) et l’énergie étaient les plus affectés.
La volatilité a augmenté depuis cet été mais reste contenue. Sans une hausse plus marquée, qui entraînerait une réduction du risque dans les portefeuilles, le marché devrait rester dans le régime actuel. «Nous voyons un début de capitulation avec une baisse du risque sur les secteurs IT/croissance, matériaux et énergie dans le Nasdaq et le S&P 500, bien que certaines mégacaps comme Amazon ou Netflix ne fassent que reperdre leurs gains récents, juge Sébastien Galy, stratégiste chez Nordea AM. Il y a déjà de la fumée mais pas encore de feu». Tout va désormais dépendre de la perte ou non de confiance de certains investisseurs dans ces grandes valeurs. «Nous sommes au bord d’une réduction générale du risque qui dépendra en grande partie d’un groupe d’investisseurs paniquant en raison de la valorisation de ces mégacaps», poursuit le stratégiste.
Les investisseurs particuliers, surtout ceux qui suivent des tendances, pourraient être les premiers à vendre quand Amazon et les autres mégacaps ne seront plus autant appréciées, tandis que les hedge funds pourraient jouer un rôle d’accélérateur de ce mouvement. Les fonds de pension et gérants traditionnels, qui ont d’importantes plus-values en portefeuilles, pourraient aussi en profiter pour réduire le risque avant une période qui s’annonce plus agitée. Une hausse de la volatilité à l’approche du scrutin américain pourrait être l’élément déclencheur.
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