Les actions dévissent avec la nouvelle flambée sur les taux

Les rendements se tendent dans la zone euro. L’OAT a dépassé 3% pour la première fois depuis 2012.
Xavier Diaz
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baisse des marchés financiers, chute de la Bourse  -  AdobeStock

Les places boursières européennes accentuent vendredi leur correction alors que les taux poursuivent leur marche en avant, les emprunts souverains de la zone euro revenant à un plus haut de plus de dix ans, et que certains résultats d’entreprises inquiètent les investisseurs. L’indice Euro Stoxx 50 baissait de 1,5% vers 11h50. A Paris, l‘indice CAC 40 reculait également de 1,5% tandis qu’à Francfort, le Dax perdait 1,4%. L’indice FTSE 100 cédait 0,7%.

La volatilité se maintient au-dessus de 30 pour l’indice Vix de volatilité implicite du S&P 500. Les places européennes ont emboîté ce matin le pas à Wall Street, où l’indice S&P 500 a perdu jeudi 0,8% et le Nasdaq 0,6%. L’accentuation des tensions sur les taux, surtout en Europe, ajoute au pessimisme des opérateurs.

Sur les marchés de taux, les rendements se tendent d’une dizaine de points de base (pb) dans la zone euro. L’OAT 10 ans a dépassé 3% vendredi dans la matinée, à 3,06% (+11 pb) pour la première fois depuis 2012. Le rendement du Bund allemand 10 ans a atteint 2,5% (+11 pb) pour la première fois depuis mi-2011. Le taux 10 ans italien se tendait de 14 pb, à 4,87% après avoir testé 4,90% dans la matinée.

Au Royaume-Uni, le marché des Gilts est également affecté par la correction, malgré la démission jeudi de la Première ministre Liz Truss, le rendement du Gilt 10 ans bondissant de 15 pb, à 4,05%, mais restant loin du point haut atteint après le choc sur le mini-budget. La dette américaine ne fait pas exception. Le rendement à 10 ans des emprunts d’Etat américains progressait de 5 pb et s’approchait de 4,3%, à 4,28%, au plus haut depuis 2007.

Des restrictions en vue

Les banques centrales devraient une nouvelle fois réitérer leur détermination à combattre l’inflation, malgré le risque de récession, au cours des deux prochaines semaines (après la Banque centrale européenne la semaine prochaine, se réuniront la Fed et la Banque d’Angleterre). Les opérateurs s’attendent à de nouvelles hausses marquées de taux (75 pb) mais aussi à un discours toujours restrictif alors que les données aux Etats-Unis ne montrent pas de véritable effondrement de l’activité, ni de décrochage du marché du travail (baisse inattendue des inscriptions au chômage) et que l’inflation continue d’accélérer en Europe. Sur le marché monétaire, les anticipations de taux terminal de la Fed ont atteint pour la première fois 5% pour mars 2023. La perspective d’une augmentation des besoins de financement des Etats européens pour faire face à la crise énergétique affecte également la tendance.

La hausse des taux est en outre alimentée par des inquiétudes sur la liquidité du marché. La Banque centrale européenne pourrait avancer sur la réduction de son bilan (QT, quantitative tightening) et les emprunts d’Etat américains pourraient être affectés par de possibles ventes de titres de la Chine et du Japon pour soutenir leur devise.

Sur les marchés actions, plusieurs avertissements ou résultats décevants (Snap aux Etats-Unis, Adidas, Sika et Telia en Europe) inquiètent ce vendredi les investisseurs qui craignent que l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, ainsi que la hausse des coûts de financement, n’affectent plus fortement les secteurs de la consommation.

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