Les acteurs du private equity peinent à s’imposer dans les fusions-acquisitions

Les transactions émanant de sponsors financiers ont globalement reculé de 32% à 37,2 milliards de dollars depuis le début de cette année
Yves-Marc Le Reour

L’activité des fonds d’investissement dans les opérations de fusions et acquisitions est au plus bas depuis 2009. Depuis le début de cette année, les transactions émanant de sponsors financiers «ont globalement reculé en rythme annuel de 32% à 37,2 milliards de dollars via 484 opérations», montrent les statistiques de Dealogic. Les cibles américaines ont été privilégiées (17,1 milliards de dollars sur 191 opérations), suivies par le Royaume-Uni (5,8 milliards sur 66 transactions).

A l’échelle européenne, Thomson Reuters fait de son côté état d’un repli de 17% des transactions soutenues par des fonds de private equity à 16,5 milliards de dollars. «Les cibles britanniques, suédoises et allemandes ont représenté 72% de l’activité de ce segment en Europe, principalement dans l’industrie, la haute technologie et l’immobilier», ajoute l’agence dans son dernier bulletin Deals Intelligence. Cerberus tire son épingle du jeu avec deux opérations d’une valeur totale de près de 2,2 milliards de dollars annoncées la semaine dernière.

Le dossier Douglas Holding constitue un bon exemple des difficultés éprouvées par les fonds de capital-investissement pour remporter la mise. La famille Kreke, aux commandes du distributeur allemand de parfums, a fait savoir mi-janvier qu’elle souhaitait relever le niveau de sa participation bien au-delà des 12,7% actuellement détenus, quitte à radier l’action de la cote avec l’aide d’investisseurs financiers. Mais les discussions en cours avec BC Partners, Apax Partners et Permira Advisors traînent en longueur en raison du manque de soutien de deux autres grands actionnaires, rapporte Bloomberg. L’action a entretemps bondi de près de 40%, portant la capitalisation boursière du groupe à 1,4 milliard d’euros.

Un repreneur industriel «faciliterait la restructuration de la société dans un environnement familial», juge Klaus Kraenzle, analyste chez Silvia Quandt & Cie. Si l’existence de discussions préliminaires entre Douglas et LVMH a été démentie par une source financière proche du dossier, certains analystes estiment que le groupe de luxe français pourrait s’intéresser au distributeur, présent dans 18 pays européens, dont les boutiques seraient complémentaires à sa propre chaîne Sephora. Le chinois Hutchison Whampoa, propriétaire de Marionnaud et Superdrug en Europe, fait également figure de candidat potentiel.

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