Les acquisitions, fer de lance des entreprises sous LBO
Non, les fonds d’investissement officiant en France ne doivent pas leur réussite à une pression exacerbée sur les sociétés qu’ils détiennent. C’est en tout cas l’un des messages envoyés par France Invest, l’association des acteurs du capital investissement français, dans le cadre de sa nouvelle étude sur la création de valeur dans les PME et les ETI du pays. Au cours des quatre dernières années, la croissance de l’Ebitda des entreprises détenues par des fonds ne s’explique qu’à hauteur de 10% par un relèvement des marges. La progression du résultat provient pour l’essentiel de la croissance organique (à hauteur de 56%) et de la croissance externe (34%). «Nous avons constaté un nombre important d’acquisitions l’an dernier et le phénomène devrait très certainement perdurer en 2021», note Claire Chabrier, présidente de France Invest, pour qui ce qui se «constate au sein des entreprises que nous accompagnons est aussi visible chez les gérants eux-mêmes, également sujets à un enjeu d’accélération.» Sur les seules sorties de 2020, la croissance externe explique en effet 53% de la hausse des résultats des entreprises.
Le boom des build-up
Le boom des opérations de build-up (acquisitions) trouve son origine dans l’abondance du marché de la dette. Peu coûteux, l’endettement a été largement utilisé par les sociétés dans leur politique de croissance externe. «Nous avons constaté un effet négatif d’accroissement de l’endettement sur le calcul de la création de valeur. En forte croissance, les entreprises ont en effet pu recourir très facilement à de la dette supplémentaire sans que cela n’augmente le gearing», souligne Laurent Majubert, associé conseil en transactions chez EY.
Sur la création de valeur, mesurée ici par la progression de la valeur des titres des 317 entreprises composant l’échantillon, l’effet désendettement est quasi nul (-3%). En revanche, l’effet lié à la hausse des résultats explique les deux tiers du renchérissement des titres des entreprises, aux côtés de l’effet multiple. Ce dernier, qui est directement lié à l’augmentation des prix des actifs, pèse pour un tiers de la création de valeur. Les multiples d’acquisition ont en effet progressé de 8,2 à 10,2 fois l’Ebitda entre l’entrée et la sortie des fonds d’investissement, au cours des cinq dernières années. De quoi continuer à alimenter la performance d’une industrie faisant de plus en plus d’ombre à la Bourse.
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