L’emploi à la City fait les frais de la crise en zone euro
La crise des dettes souveraines en zone euro ne fait pas les affaires de la City. Relancée cette semaine par l’instabilité politique en Grèce, un pays qui était pourtant sorti du radar des marchés après avoir restructuré sa dette en mars, elle pourrait coûter 33.000 emplois à la place financière de Londres, la première d’Europe. Le Centre for Economic Business and Research (CEBR), société de recherche basée dans la capitale britannique, prévoit que le nombre d’emplois financiers y sera tombé à 255.000 en 2012, contre une prévision de 288.000 faite il y a six mois.
Il s’agirait alors du plus bas niveau d’emploi en 16 ans à la City. Pour rappel, en 2007, juste avant le déclenchement de la crise financière, le secteur de la finance y comptait 354.000 collaborateurs.
«L’économie toujours faible et la crise bancaire en zone euro ont un effet ricochet sur l’activité de la City, avec des volumes de trading plus petits et surtout des valeurs moins élevées pour les transactions qui sont traitées», note Rob Habron, économiste du CEBR. Depuis décembre 2007, la valeur moyenne des actions du FTSE 100 traitées sur les 50 derniers jours affiche une chute de 69%. Mais d’autres métiers que le trading souffrent faute de volumes, comme le conseil en fusions et acquisition, les prêts LBO ou le crédit syndiqué classique.
La plupart des 33.000 suppressions de postes anticipées par le CEBR ont cependant déjà eu lieu. De nombreuses banques ont mené des plans de réductions d’effectifs, notamment les françaises comme BNP Paribas: si ces plans sont toujours en cours en France, ils ont pu être menés à bien dès l’automne dans des centres étrangers comme Londres.
Le CEBR craint dès lors pour la place de la City dans le monde. «La combinaison d’une demande faible, d’une régulation agressive, d’une fiscalité élevée et de la concurrence croissante des centres financiers d’Extrême-Orient signifie que la position de Londres est plus faible qu’auparavant», note son directeur général Douglas McWilliams. D’où le raidissement des positions britanniques dans les négociations européennes comme encore début mai sur les textes prudentiels CRD4: le gouvernement préfère avoir la main lourde pour ses banques de détail, et préserver des industries comme les hedge funds, davantage nécessaires au rayonnement de la City.
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