L’embellie du M&A français bénéficie à une poignée de banques
Certains banquiers d’affaires français retrouvent le sourire. La salve de fusions et de ventes ou de rachats d’actifs annoncés en Europe en juillet et en août, en particulier par des entreprises du CAC 40, redonnera un peu de saveur à un millésime 2013 qui s’annonçait comme l’un des pires de ces dernières années pour le M&A en France. Mais l’embellie estivale n’a profité qu’à une poignée d’élus.
La plus grosse transaction de l’été, la fusion entre Publicis et Omnicom, évaluée à 26 milliards d’euros, n’a en effet impliqué que deux conseils financiers, tous deux indépendants: Rothschild pour la partie française et la boutique Moelis & Co du côté du groupe de publicité britannique. Une parcimonie à rebours de la tendance observée ces dernières années pour les M&A de grande envergure, où les parties prenantes s’entouraient parfois d’une dizaine de banques d’affaires et où les banques de financement décrochaient toujours un ticket pour figurer dans les classements de fin d’année.
«La raison pour laquelle nous n’avons pas pris plus de conseils est que nous n’en avions pas besoin. Maurice [Lévy, patron de Publicis, ndlr] et moi avons réglé de nombreux points», expliquait fin juillet John Wren, le directeur général d’Omnicom, en présentant le projet de fusion. Les deux banques devraient se partager entre 50 et 70 millions de dollars de commissions, selon Thomson Reuters et Freeman Consulting.
Rothschild est l’un des grands gagnants de cette vague d’annonces, puisque la banque d’affaires a aussi décroché le seul mandat en jeu pour épauler Essilor dans la prise de contrôle à 1,9 milliard de dollars de l’américain Transitions Optical. Ce dernier était épaulé par Goldman Sachs, qui a par ailleurs assisté Vivendi (avec Barclays Capital) pour la cession à 8,2 milliards d’euros d’Activision. Les transactions impliquant une partie française ont également profité à JPMorgan et à la boutique Centerview (conseils d’Activision et des administrateurs indépendants), ainsi qu’à Lazard et CA CIB pour la vente, toujours par Vivendi, de Maroc Telecom à Etisalat. Dans cette opération à 4,2 milliards d’euros, BNP Paribas a conseillé l’acquéreur. La banque de la rue d’Antin était aussi seul conseil de L’Oréal pour le rachat plus modeste (636 millions d’euros), mais remarqué, du chinois Magic Holding.
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