L’effet de levier fiscal sur les acquisitions baissera cette année en France
La déductibilité des charges financières liées à l’acquisition de titres de participation va être soumise à des conditions encore plus strictes en 2012 pour les sociétés établies en France. En vertu d’un amendement introduit par le député Gilles Carrez, la loi de Finances rectificative 2011 promulguée en fin d’année oblige en effet dorénavant l’entreprise à démontrer que ces titres de participation sont effectivement gérés par l’entité qui les possède. Elle doit ainsi prouver qu’elle est à l’origine des décisions prises relatives à ces titres et qu’elle exerce un contrôle ou une influence sur la société détenue. Cette disposition vise à dissuader des groupes multinationaux d’utiliser les possibilités du droit fiscal français pour réaliser des opérations d’acquisitions dans un pays tiers, ce qui constitue un abus de droit.
«Cette démonstration est à apporter par le contribuable sur le ou les exercices couvrant une période de 12 mois suivant l’acquisition», souligne Arnaud Mourier, associé au cabinet d’avocats Taj qui organisait hier une réunion sur le sujet. Dans le cas contraire, la sanction consistera à réintégrer forfaitairement les charges afférentes aux titres acquis en fonction de leur prix d’acquisition divisé par le montant moyen des dettes pour chaque exercice. La réintégration est opérée «jusqu’à l’exercice clos sur la 8e année suivant celle de l’acquisition». Ce durcissement est en partie rétroactif car, pour les acquisitions effectuées avant le 1er janvier 2012, le mécanisme pourra concerner des transactions remontant jusqu’à 2004.
En revanche le dispositif ne s’appliquera pas lorsque la valeur totale des titres de participation détenus est inférieure à 1 million d’euros, si preuve est faite qu’aucun emprunt n’a été contracté pour financer l’acquisition ou que le ratio d’endettement du groupe auquel la société appartient est supérieur à son propre ratio. Certains contours de ce texte très général restent cependant mal définis. Celui-ci omet par exemple de «prévoir la prise de contrôle d’une société par la filiale ou la sous-filiale de l’acquéreur», relève Taj. Il conviendra donc de porter une attention accrue à la documentation juridique et à la formalisation des décisions «pour éviter que des situations non abusives ne se trouvent dans le champ d’application de ce mécanisme», conclut le cabinet d’avocats.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
LE CONSEIL DE LA SEMAINEAssurance-vie : rédigez la clause bénéficiaire avec attention
Véritable levier patrimonial, la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie exige une rédaction méticuleuse -
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ?