L'éditeur de logiciels eFront franchit un cap avec Bridgepoint
Bridgepoint rachète un fournisseur. Le fonds d’investissement a confirmé hier l’acquisition pour 300 millions d’euros d’eFront, l’éditeur français de logiciels pour les gestionnaires d’actifs et plus particulièrement le secteur du private equity, comme l’avait révélé L’Agefi le 18 décembre dernier. Avec ce nouvel actionnaire, qui remplace le fonds californien Francisco Partners, la société fondée par Olivier Dellenbach espère afficher une croissance de 15% à 20% par an. En 2014, son chiffre d’affaires s’est élevé à environ 72 millions d’euros.
Déjà leader mondial du secteur, avec une bonne moitié de ses revenus aux Etats-Unis, eFront a plusieurs leviers de croissance. Son marché naturel ne cesse de grandir. «Plus de la moitié des fonds de pension et des fonds de private equity utilisent encore Excel, souligne Xavier Robert, associé chez Bridgepoint. Grâce à la qualité de son produit, eFront remporte 70% des appels d’offres». L’an dernier, l’éditeur a notamment séduit BC Partners et le fonds souverain de Singapour, GIC.
Il entend aussi élargir son périmètre d’activité à d’autres classes d’actifs alternatives, comme l’immobilier et les hedge funds. Une démarche logique pour aider les fonds de pension à suivre leurs multiples participations. «eFront peut fournir ces produits à la demande, mais n’en a pas encore fait une vraie proposition commerciale», indique Xavier Robert.
La société envisage enfin des opérations de croissance externe, visant «de petits éditeurs qui permettraient de rajouter des fonctionnalités au produit», selon Xavier Robert. L’intégration d’un module ESG (environnement, social, gouvernance) va par exemple s’imposer. Le groupe pourra s’appuyer sur une ligne de crédit multi-usage d’une trentaine de millions d’euros. Mais Bridgepoint et eFront n’excluent pas le rachat, plus ambitieux, de concurrents aux Etats-Unis, ce qui nécessiterait un financement ad hoc.
Le LBO a été monté avec une dette senior de 127 millions d’euros, apportée par Babson, ING, HSBC et Bank of Ireland. Le levier peut sembler élevé (8 fois l’Ebitda estimé 2014) mais diminuerait rapidement (5,3 fois fin 2015) vu les perspectives de croissance, sans compter un effet dollar aujourd’hui positif pour eFront. Rien d’étonnant, donc, à ce que les candidats se soient bousculés lors du processus de vente dirigé par Barclays Capital. Epaulé par DC Advisory, Bridgepoint a devancé au dernier tour Silver Lake, Permira et Astorg.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant