L’économie est entrée en «hibernation» en zone euro
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Inquiétudes liées à la croissance faible en zone euro
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Ce sont des prévisions de printemps totalement inédites pour la Commission européenne. L’exécutif s’attend à ce que la zone euro connaisse cette année la pire récession de son histoire. Selon la Commission, qui parle d’une économie en «hibernation», la contraction du PIB devrait atteindre 7,7% en 2020, accompagnée d’une chute de l’inflation, d’une remontée du chômage et d’un gonflement des déficits publics. L’inflation devrait tomber à 0,2%, et le chômage grimper à 9,6% de la population active cette année, tandis que le déficit bondira à 8,5% du PIB et la dette publique à 102,7%.
Si la crise provoquée par le Covid-19 touche tous les pays, son impact et la rapidité du redressement ne seront toutefois pas les mêmes partout, prévient l’exécutif européen, qui prédit par exemple des contractions du PIB de 9,5% et 9,4% respectivement en Italie et en Espagne, mais de 5,5% en Autriche. Les chiffres du premier trimestre montrent déjà une certaine divergence entre les pays. Des divergences exacerbées par la durée des limitations d’activité, la part des services dans l'économie, et notamment du tourisme, et l'état des finances publiques.
En France, le PIB devrait chuter de 8,2% cette année puis remonter de 7,4% en 2021. Pour l’Allemagne, la récession devrait être de 6,5% en 2020 avant un rebond de 5,9% l’an prochain.
«De telles divergences constituent une menace pour le marché unique et la zone euro», a déclaré Paolo Gentiloni, commissaire européen à l’Economie, cité dans un communiqué. «Cependant, elles peuvent être atténuées par une action européenne déterminée et conjointe. Nous devons relever ce défi», ajoute le commissaire européen.
La Commission prédit cependant un rebond en 2021, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 6,3%.
Mais ce rebond dépend d’une série de facteurs : que les mesures de confinement de la population prises pour freiner la propagation du coronavirus soient progressivement levées, que l'épidémie reste ensuite maîtrisée et que les dispositifs «sans précédent» de soutien budgétaire et monétaire à l'économie, aussi bien au plan national qu’européen, se révèlent efficaces.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
Comme la quasi-totalité des analystes le prévoyaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu inchangé son taux directeur à 3,75% jeudi, soit un statu quo pour la cinquième réunion consécutive. Mais le vote est passé à seulement 6 voix contre 3.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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