Le Trésor américain accuse la Suisse de manipuler sa monnaie
Le Trésor américain a accusé formellement mercredi la Suisse et le Vietnam de manipuler leur monnaie et a ajouté trois pays à la liste de ceux qu’il soupçonne d’orchestrer la dévalorisation de leur devise face au dollar.
Dans la nouvelle édition de son rapport semestriel sur le sujet, le Trésor estime que jusqu’en juin au moins, les autorités suisses et vietnamiennes intervenaient sur les marchés des changes pour empêcher des ajustements naturels de la balance des paiements.
Il ajoute concernant le Vietnam que celui-ci a aussi agi dans le but de bénéficier d’un « avantage concurrentiel déloyal en matière de commerce international ».
La BNS dément
En réaction, la Banque nationale suisse (BNS) a déclaré qu’elle ne manipulait pas sa devise et qu’elle restait prête à amplifier ses interventions sur le marché des changes, en expliquant que ces interventions ne visaient pas à assurer à la confédération un avantage commercial déloyal mais qu’elles contribuaient à la mise en oeuvre de sa politique monétaire et donc à la stabilité des prix.
Le rapport américain explique qu’une partie au moins des interventions suisses avaient pour objectif de faire baisser le franc pour influencer la balance des paiements.
14% du PIB suisse
Pour être accusé par Washington de manipulation des taux de changes, un pays doit afficher un excédent commercial bilatéral de 20 milliards de dollars avec les Etats-Unis, des interventions sur les marchés des changes représentant 2% de son produit intérieur brut (PIB) et un excédent courant dépassant 2% de son PIB.
Dans le cas de la Suisse, les interventions ont représenté 14% du PIB selon les calculs du Trésor.
Ce dernier ajoute que sa « liste de surveillance » regroupant les pays qui répondent à au moins un de ces trois critères en inclut désormais dix avec l’ajout de Taiwan, de la Thaïlande et de l’Inde. Les pays déjà sous surveillance étaient la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Allemagne, l’Italie, Singapour et la Malaisie.
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