La Chine nie toute manipulation de sa monnaie
Le Trésor américain a mis la Chine sur la liste des pays «manipulateurs de devise», faisant une fois encore grimper les tensions. La Banque populaire de Chine (PBOC), qui avait laissé lundi le yuan enfoncer le seuil symbolique de sept pour un dollar pour la première fois depuis 2008, a rejeté hier ces accusations et réaffirmé qu’elle «n’a pas utilisé et n’utilisera pas le taux de change comme un outil pour traiter les conflits commerciaux». Elle a par ailleurs annoncé la vente de 4,2 milliards de dollars de titres libellés en yuans à Hong Kong et a fixé le taux pivot quotidien du renminbi à un niveau légèrement supérieur aux attentes du marché (6,9683 contre 6,9871 anticipés), avec la volonté affichée d’éviter sa chute libre pour ne pas affoler les marchés.
Techniquement, «les conséquences de cette dénomination ne sont ni immédiates, ni considérables», selon UBS. La loi prévoit un processus de consultation d’un an pour compenser la sous-évaluation du yuan, et en cas d’échec du processus le Trade Facilitation and Trade Enforcement Act de 2015 suggère différentes actions, toutes à portée limitée dans le cas de la Chine, dont l’exclusion des entreprises chinoises des appels d’offres publics américains (dont la Chine dépend peu), l’arrêt de l’approvisionnement public en biens et services chinois (l’ampleur de ces fournitures n’est pas décisive), ou encore la tenue de négociations commerciales (déjà en cours depuis plus d’un an).
Les vraies menaces qui pourraient découler de la décision du Trésor sont une hausse des droits de douane américains au-delà de 25% sur des produits chinois et des représailles monétaires du Trésor, d’après DBS Group Research. De son côté, Goldman Sachs n’attend plus d’accord commercial sino-américain avant l'élection présidentielle américaine de novembre 2020. Pour les économistes de Bloomberg, cette décision renforcera très certainement la méfiance de la Chine.
Selon La Banque Postale Asset Management, la Chine ne remplit pourtant qu’un seul des trois critères pour être identifiée comme manipulateur de devise, celui d’excédent commercial important avec les Etats-Unis, puisqu’elle exporte 4,5 fois plus vers les Etats-Unis qu’elle en importe. En revanche, sa balance de paiements n’a pas d’excédent important (moins de 2% depuis 2017) et des interventions unilatérales répétées de sa part sur le marché des changes sont discutables comme elle a plutôt eu tendance à freiner les sorties de capitaux privés, et donc à freiner la dépréciation du yuan.
Plus d'articles du même thème
-
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna. -
La cotation de SpaceX nourrit l’attractivité de l’investissement spatial
Dans le sillage de l’entrée en Bourse de SpaceX vendredi 12 juin, la «commercialisation de l’espace» va devenir économiquement viable, relèvent deux études. Plusieurs secteurs connexes s’avèrent attractifs pour les investisseurs. -
PARTENARIATSouveraineté numérique : un modèle européen à construire
Données, intelligence artificielle, infrastructures, cloud : la souveraineté numérique s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour l’Europe, à la croisée des questions technologiques, économiques et politiques. -
Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Cette fois, ce n’est pas une mutuelle santé mais la mutuelle épargne retraite Garance qui est à son tour frappée par une crise de gouvernance. L’affaire portée devant le tribunal judiciaire pourrait également conduire l’ACPR à intervenir pour ramener un peu de clarté dans les principes de gouvernance mutualistes. -
Motion Equity Partners s'empare du producteur d'oméga-3 Polaris
Motion Equity Partners acquiert la majorité du capital du producteur breton d'huiles d'oméga-3 dans le cadre d'un deuxième LBO, tandis que Seventure, premier sponsor historique, renouvelle son soutien.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Feu rougeFin du coup de pouce à la pompe pour les automobilistes allemands
La ristourne fiscale de 17 centimes par litre de carburant prendra fin le 30 juin. La coalition droite-gauche du chancelier Merz étudie des alternatives pour redonner du pouvoir d'achat aux Allemands -
Patrick Bruel visé par deux nouvelles plaintes pour viol, tentative de viol et agressions sexuelles
Deux nouvelles plaintes visant Patrick Bruel ont été déposées, vendredi 12 juin, au tribunal judiciaire de Nanterre. Elles dénoncent des faits présumés de viol, tentative de viol et agressions sexuelles -
Question 12Revenus : quelles décisions prendre après 50 ans ?
Quand on franchit le cap des 50 ans, la gestion de patrimoine change. Il faut anticiper la transmission sans risquer de s'appauvrir au moment de la retraite tout en finançant une éventuelle dépendance