- Allocation d'actifs
- Tribune
Le style Value et les petites et moyennes valeurs européennes sont sous-évalués
L’année 2025 a démarré en fanfare pour les bourses européennes (MSCI Europe NR +6,5% en janvier). La baisse du mois de décembre a été vite oubliée et de nouveaux records ont été atteints en janvier par les grands indices européens. La revalorisation des indices a été telle qu’on ne peut désormais plus dire que le marché est décoté. Le ratio de cours sur bénéfices (PER) à 12 mois prospectif de l’indice MSCI Europe s’établit désormais à 14,1x soit le niveau historique moyen de valorisation observé depuis 2000, une première depuis trois ans et l’invasion de l’Ukraine.
Cette normalisation fondamentale des indices est un processus logique dans un contexte de pivot monétaire accommodant par les banques centrales et de croissance économique solide. Est-ce pour autant que le marché européen a abandonné tout potentiel ? Nous ne le pensons pas, et ce pour deux raisons.
Le positionnement cyclique reste encore expansif et favorable à la classe d’actifs actions. Notre indicateur de Momentum économique se maintient à un niveau élevé. Il continue, et ce depuis début 2023, de signaler un environnement procyclique propice à une surexposition stratégique à la classe d’actifs actions Europe. Alors que la croissance du PIB de la zone Euro devrait atteindre +0.8% en 2024, une inflexion positive est attendue pour 2025 (+1.0%) et 2026 (+1.2%).
Un environnement procyclique demeure en place
Par ailleurs, la baisse des taux que la BCE a initiée en juin dernier devrait se poursuivre avec la même intensité lors du premier semestre. Autant d’éléments qui pourraient justifier une valorisation au-dessus de la moyenne historique.
Enfin, il est important de rappeler que le contexte est à ce stade vertueux pour les valorisations. En effet, l’«effet temps» redevient porteur. La croissance attendue des bénéfices lors des douze prochains mois est de +8% pour l’indice MSCI Europe, ce qui signifie qu’à marché stable, le PER baisse de 0,1 point chaque mois. C’est d’autant plus vrai que le Momentum de révision des analystes financiers s’est récemment stabilisé et ne devrait pas être menacé dans les prochains mois en raison de la forte baisse récente de l’euro contre dollar. Virtuellement, le PER de l’indice européen serait inférieur à 13.5x à la fin du semestre si le marché devait se maintenir à son niveau actuel.
Des segments de marché à privilégier
Un regard plus granulaire sur les différents segments du marché européens permet d’identifier certaines inefficiences, à même de contribuer à la création de valeur relative pour les gestions actives en actions lors des prochains mois.
Une décote significative est observable sur les segments les moins chers du marché
Source Factset/Chahine Capital au 31/01/2025
On constate que l’intégralité des secteurs dont le PER est inférieur à celui du marché présente une décote par rapport aux standards historiques. Il s’agit essentiellement de secteurs à dominante stylistique Value, ce qui nous semble être une anomalie dans un contexte procyclique. A titre d’illustration, le secteur Banque affiche aujourd’hui un PER de 7,8x contre 10,4x en moyenne depuis 2000, et ce en dépit de la forte performance du secteur en 2024 (+26% hors dividendes, meilleur secteur européen de 2024).
Même constat pour le segment des «petites et moyennes valeurs», de nature procyclique en relatif et traditionnellement favorisé par l’accommodation monétaire, qui présente une décote de 10% par rapport à sa moyenne historique.
Plus d'articles du même thème
-
« Les marchés actions sont soutenus par une dynamique bénéficiaire solide et diversifiée»
Olivier Gayno, directeur des investissements de HSBC Asset Management en France. -
Cedrus & Partners associe ses collaborateurs
L’entreprise d’investissement détenue depuis cette année par la Carac compte vingt nouveaux associés, soit environ 70 % des effectifs. -
La caisse de retraite des navigants réexamine sa stratégie d'investissement
La CRPN gère les droits à la retraite de plus de 50.000 affiliés et environ 5 milliards d'euros d'actifs. Jean-Yves Mary, directeur général adjoint, détaille la stratégie de placements d'une caisse qui revoit son allocation dans un contexte de taux et de corrélations modifié.
ETF à la Une
T. Rowe Price entre sur le marché européen des ETF actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
Net et sans bavurePrimaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann plébiscité mais après ?
Avec 66 % des votants, le leader de Place publique a surclassé Olivier Faure dès le premier tour. Mais à peine son investiture acquise, certains dans son camp se chargeront de dynamiter cette rampe de lancement -
EditorialAccord Trump-Poutine : LFI et le RN face à leurs ambiguïtés sur l’Ukraine
Sans le faire exprès, l'Américain s’est peut-être invité dans la campagne présidentielle car cet accord peut agir comme un piège pour quiconque cultiverait une quelconque ambivalence sur la Russie -
Crise de croissanceLe régime des micro-entrepreneurs, ce très onéreux dispositif
Les inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF) dressent un portrait sévère de ce régime fiscal simplifié