Le Sénat américain éreinte JPMorgan dans l’affaire de «la baleine de Londres»
La faiblesse du programme de rachat d’actions de JPMorgan relevée par la Réserve fédérale américaine (Fed) n’est rien, comparée au rapport au vitriol rédigé par une commission d’enquête du Sénat, concernant le comportement de la banque dans l’affaire de la «baleine de Londres», qui a éclaté en mai 2012.
Sans concession, les rapporteurs reprochent aux responsables de JPMorgan d’avoir outrepassé les limites de prise de risques, «trompé» les investisseurs puis «menti» au régulateur et aux enquêteurs: ceux-ci cherchaient à savoir comment l’un de ses traders, Bruno Iksil, qui travaillait au chief investment office (CIO) de l’établissement (en charge de l’investissement pour compte propre), avait pu perdre 6,2 milliards de dollars sur le marché des dérivés.
Il est de notoriété publique que Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, avait dans un premier temps méprisé les avertissements internes, qui, dès le mois de février, estimait les pertes potentielles de la banque à 6,3 milliards de dollars. N’avait-il pas qualifié ces craintes de «tempête dans un verre d’eau» au cours de la présentation des résultats de la banque en avril l’année dernière, alors que Bruno Iksil s’était déjà fait remarquer sur les marchés pour les positions astronomiques qu’il prenait ?
Selon le rapport du Sénat, Jamie Dimon a agit en pleine connaissance de cause, alors qu’il était «déjà en possession d’informations sur ce portefeuille, ses pertes consécutives au cours des trois mois précédents, la progression constante de ces pertes au mois de mars et la difficulté à déboucler les positions». Ainsi, le CIO a déclenché les cinq alertes du système de gestion des risques au cours du premier trimestre 2012. Entre le 1er janvier et le 30 avril, ces alertes ont été déclenchées plus de 330 fois.
Doug Braunstein, son directeur financier d’alors, qui depuis l’éclatement du scandale a été écarté et nommé vice-président, est également mis en cause. Alors qu’il a expliqué avoir régulièrement informé les régulateurs de l’évolution de ces positions, les sénateurs ont estimé que ces informations étaient «au mieux fausses, au pire trompeuses». La Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme des marchés américain, examine en effet la manière dont JPMorgan a communiqué avec elle et avec les investisseurs. L’établissement se défend, admettant ses torts mais assurant avoir toujours agi de bonne foi et sans intention de fourvoyer qui que se soit.
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