Le segment des CLO poursuit son processus de consolidation outre-Atlantique
Alors que la débâcle des marchés financiers a affecté les prix des prêts à effet de levier (leveraged loans) et des véhicules qui les détiennent, les CLO, les petits gérants outre-Atlantique voient leurs jours comptés. Incapable de lever de l’argent frais et de s’engager au minimum sur les tranches de CLO les plus risquées (tranches equity), comme l’exigent les investisseurs, les managers de petite taille, mais parfois aussi de gros gérants, se mettent en vente et se font racheter par les poids lourds du secteur.
Dernier en date, Bank of New York Mellon aurait choisi Credit Suisse pour organiser la vente de son unité Alcentra, qui gère 17 milliards de dollars de prêts et d’obligations high yield. Mi-août, Citigroup, via sa division Citi Capital Advisors, a repris quatre CLO de la société DiMaio Ahmad Capital pour un montant de 2 milliards de dollars. Au début du mois, un fonds de 500 millions de la filiale de Wells Fargo, Foothill, a été racheté par Carlyle. Ares Management a acquis Indicus Advisors, qui gère plus 2 milliards de dollars d’actifs aux Etats-Unis et en Europe, tandis qu’Apollo Global Management et Resource Capital ont procédé cette année aussi à des reprises. En août, près de 4,5 milliards de rachats ont été réalisés.
Mais l’explication de cette consolidation au profit des grands groupes aux Etats-Unis s’explique surtout par des craintes réglementaires. La règle de rétention d’au moins 5%dans les titrisations de la part des entités émettrices impose des contraintes de capitaux insurmontables pour beaucoup de gérants de CLO américains qui ne disposent pas d’assez larges bilans. Cette problématique explique en grande partie les 54 milliards de dollars de contrats de gestion vendus aux Etats-Unis depuis 2010 - selon les données de Barclays - sur fond de quasi-atonie du marché primaire. Seulement 7 milliards de CLO ont été placés en 2011, contre 91 milliards en 2007.
Ces évolutions réglementaires risquent donc de priver le segment des leveraged loans d’une de ses principales sources de financement. En Europe, le mur de refinancement demeure plus que jamais la principale menace. Selon S&P, entre 2011 et 2015 , pas moins de 61 milliards d’euros de leveraged loans détenus dans les portefeuilles de CLO devront être refinancés.
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