Le scandale de délit d’initié frappant Nomura fait boule de neige
Nomura Holdings n’est pas encore parvenu à éteindre l’incendie, et l’impact final du scandale de délit d’initiés qui secoue le numéro un japonais du courtage ne peut être encore estimé. D’autant que Nomura, qui fait officiellement l’objet d’une enquête de la part du régulateur nippon (la Commission de surveillance du secteur boursier) n’est pas seul au centre de l’arène.
Hier, Moody’s a tiré le signal d’alarme en assurant que l’exclusion de Nomura Holdings et de Daiwa Securities de listes de banques organisatrices d’émissions constituait une mauvaise nouvelle pour leurs notations de crédit. Dans une note, les analystes de l’agence estiment qu’«il s’agit de fuites d’informations confidentielles faisant courir un risque tangible sur leurs activités». A leurs yeux, les cas identifiés pourraient ne représenter que la partie émergée de l’iceberg.
Si Daiwa s’est vu retiré de la liste des organisateurs d’une émission obligataire de Kawasaki Heavy Industries, Nomura, surtout, a subi des punitions comparables de la part de la Banque de développement du Japon et d’une agence publique de financement immobilier (Japan Housing Finance Agency), au service de laquelle la banque est remplacée par Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. Nomura a également été écarté d’une émission obligataire de Resona Holdings et d’une vente d’actions de Japan Tobacco par le gouvernement.
Moody’s craint «une perte croissante de confiance» qui pourrait «avoir un impact de longue durée sur tous les acteurs du marché japonais». Toute entreprise nipponne en quête de conseil a ainsi d’ores et déjà «une bonne raison» de se tourner vers des courtiers internationaux non impliqués dans le scandale. Qui plus, toujours selon Moody’s, Nomura risque de pâtir à l’international d’éventuelles lourdes sanctions infligées par les autorités.
Alors que Daiwa a indiqué avoir entamé une enquête interne, Nomura a déjà annoncé le 29 juin les premières conséquences de la sienne, par laquelle la banque a mis en évidence des failles dans la «muraille de Chine» entre ses activités empêchant de garantir la confidentialité des informations de la clientèle et impliquant notamment le département institutionnel de vente actions, mis en sommeil pour une semaine et dont deux responsables ont présenté leur démission. Symboliquement, le salaire du directeur général de Nomura, Kenichi Watanabe, sera réduit de moitié pour six mois.
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