Le risque de bulle immobilière touche désormais le marché parisien
La surchauffe des prix immobiliers résidentiels atteint une zone dangereuse pour un nombre grandissant de métropoles à l’échelle mondiale. C’est l’un des principaux constats de la 5e édition de l’étude annuelle menée par UBS Global Wealth Management. Sur 24 grandes villes analysées, l’indice «UBS Global Real Estate Bubble» témoigne d’un risque de bulle dans sept agglomérations (score supérieur à 1,5) et d’une surévaluation importante dans cinq autres (score compris entre 1 et 1,5).
«La nouveauté de ce classement est que toutes les métropoles analysées au sein de la zone euro sont dorénavant confrontées à un risque de bulle», commente Thomas Veraguth, stratégiste immobilier chez UBS. Cette évolution «découle de la baisse des taux d’intérêt qui a facilité l’accès au financement immobilier pour les ménages qui peuvent investir dans les centres-villes», relève celui-ci. Mais «le besoin d’un apport en fonds propres plus important pour acquérir un logement dans les grandes agglomérations de ces pays a limité le nombre d’investisseurs éligibles, ce qui devrait brider la hausse des prix à l’avenir», ajoute-t-il.
Francfort et Paris ont ainsi rejoint en 2019 Amsterdam et Munich dans la catégorie des villes où le risque de bulle est jugé majeur, la capitale bavaroise remportant la palme mondiale avec un score supérieur à 2. Sur le marché parisien, les prix réels des logements, découplés du reste du pays, ont atteint un nouveau sommet, après une progression de 5% durant les quatre derniers trimestres. «Contrairement aux métropoles allemandes où les tensions immobilières sont surtout dues au marché locatif, Paris compte davantage de propriétaires, ce qui explique des prix moyens plus élevés qu’à Munich ou à Francfort», indique Thomas Veraguth.
Londres est un cas particulier puisque la capitale britannique est sortie de cette zone de risque, ce qui ne s’était pas produit depuis 4 ans. Prises en compte pour la première fois dans l’étude, Madrid, Moscou et Tel Aviv sont modérément surévaluées, alors que Dubaï est estimée à sa juste valeur, rejoignant ainsi Singapour, Boston et Milan. La surchauffe s’est légèrement calmée à Los Angeles et à New York, tandis que l’indice s’est quasiment stabilisé à Zurich et à Tokyo malgré des déséquilibres persistants. La seule grande agglomération qui demeure sous-évaluée est Chicago.
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