Le retour des LBO fait bondir le capital investissement en Europe
Un bond spectaculaire. En 2010, le montant des acquisitions par effet de levier (leveraged buy-out, LBO) réalisées en Europe a bondi de 169% par rapport à l’année précédente, pour dépasser 63 milliards d’euros, selon les données préliminaires du baromètre de Candover. La convalescence du marché se confirme: le niveau de 2008 (72 milliards d’euros) n’est pas très loin.
Le nombre d’opérations (+43% à 367) a nettement moins progressé qu’en valeur, suggérant un retour marqué des transactions d’un montant significatif. En effet, douze LBO d’une valeur supérieure au milliard d’euros ont été réalisés en 2010, dont dix au seul dernier semestre. Au dernier trimestre, on peut citer l’acquisition du néerlandais Univar par CD&R pour plus de 3 milliards d’euros.
Cela dit, le nombre d’opérations d’une valeur comprise entre 100 millions et un milliard d’euros a atteint, voire dépassé la trentaine à chaque trimestre, hormis au premier. C’est le signe d’une relative bonne santé, les transactions sur les grandes PME et les entreprises de taille intermédiaire représentant le cœur du marché européen du LBO. En 2009, les opérations d’un montant inférieur à 100 millions avaient soutenu le marché.
La vigueur continue de ce marché a porté l’activité du capital-investissement dans son ensemble. Globalement, l’activité a progressé de 143% en valeur en 2010, à 71,5 milliards d’euros. Le rythme s’est quelque peu ralenti au quatrième trimestre (22 milliards contre 24 milliards au troisième pour 230 opérations, contre 246). Mais «l’amélioration des conditions de marché courant 2010 est attestée si l’on observe l’évolution des trois derniers mois par rapport à la même période en 2009, où 235 transactions ne cumulaient que 10,3 milliards d’euros, soit 50% de moins», explique l’étude.
Il n’en reste pas moins que les autres familles du private equity demeurent dans l’ombre du grand frère LBO. Si le capital développement a également connu une croissance soutenue d’une année sur l’autre (+54% à 7,4 milliards d’euros), il affiche un net recul en cours d’année, en valeur (2,3 milliards en troisième trimestre contre 1,3 milliard au dernier) comme en nombre (de 154 opérations au deuxième trimestre à 84 au dernier). Le capital risque européen, quant à lui, peine toujours à s’imposer. Il a reculé de 10% en 2010 en valeur (à 1,1 milliard), malgré un rebond en fin d’année.
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