Le retour des grandes transactions se fait encore sans excès de dette

Les rachats de Dell et Heinz sont sortis grâce aux efforts de Michael Dell et de Warren Buffett. Le gros des financements sera recyclé hors des bilans bancaires
Alexandre Garabedian
Le retour des grandes transactions se fait encore sans excès de dette - Photo : REA
Le retour des grandes transactions se fait encore sans excès de dette - Photo : REA  - 

Dell, Heinz, American Airlines… Le début 2013 marque le retour des très grandes opérations de fusions et acquisitions aux Etats-Unis. Si la troisième est payée par échange de titres, les deux premières témoignent de la capacité retrouvée des prêteurs à financer ce type d’opérations par dette. La structure des deux LBO sur Dell et Heinz laisse cependant penser que l’on est encore loin de la vague de 2006-2007.

Le rachat du fabricant de ketchup pour 28 milliards de dollars, dette incluse, se fait avec un levier d’environ 50%, mais qui fera doubler celui de la cible (de 2,5 à plus de 5 fois l’Ebitda). Warren Buffett et 3G Capital mettent sur la table 8,2 milliards d’equity, 8,1 milliards d’actions de préférence souscrites par le milliardaire, et 14,1 milliards de dette dont une partie refinancera les 5 milliards de dette de Heinz. Apporté par JPMorgan et Wells Fargo, le financement sera cependant largement recyclé dans des mains non bancaires (10,5 milliards de tranches B) et sur le marché obligataire (après 2,1 milliards de prêts-relais).

Les données sont comparables pour Dell: sur cette transaction à 24,4 milliards menée par Michael Dell et Silver Lake, le financement atteint 13,8 milliards. BoA, Barclays, Credit Suisse et RBS en recycleront là encore une grande partie, puisque la dette est composée de prêts B (4 milliards) et C (1,5 milliard), ainsi que d’un prêt-relais de 3,25 milliards. Le reste du financement est adossé à des actifs (créances commerciales, notamment), ce qui limite le risque pris par les banques.

L’appétit pour les «méga-deals» se fonde sur de solides raisons. Les entreprises sont riches en cash, les fonds de private equity sont assis sur un trésor de guerre qu’ils n’ont pu vraiment employer en 2011 et 2012, les banques prêteuses attendent avec impatience la reprise des M&A, et le crédit high yield aux Etats-Unis offre encore aux investisseurs un rendement supérieur de 5 points aux emprunts d’Etat à 10 ans.

Mais «Dell et Heinz sont deux transactions particulières liées pour la première à son fondateur, Michael Dell, et pour la seconde à Warren Buffett qui a mis un montant significatif de cash dans l’opération, estiment les gérants de Muzinich. Aucune de ces deux opérations n’aurait pu être réalisée par une société de private equity» seule.

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