Le régulateur européen juge les marchés déconnectés de la réalité
Alors que les actions de la zone euro ont rebondi d’environ 40% depuis le point bas de mi-mars, au moment du confinement des grandes économies de la région, l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a de nouveau mis en garde les investisseurs sur le découplage entre les performances des marchés et l’activité économique qui découle de la crise liée au covid-19, alors que le Fonds monétaires international (FMI) s’attend désormais à une baisse du PIB mondial de plus de 10% en 2020.
Le deuxième rapport d’analyse semestriel des tendances et des risques publié mercredi par l’Esma pose ainsi la question de la durabilité du rebond des marchés au deuxième trimestre, après les corrections massives du premier trimestre : ce rebond est soutenu par les interventions de politique publique dans l’Union européenne (UE) et ailleurs, mais «reste cependant fragile», affirme le régulateur européen, qui prévoit une période prolongée de risques élevés pour les investisseurs institutionnels et de détail et des corrections de marché supplémentaires – «éventuellement importantes». La mesure dans laquelle ces risques se matérialiseront dépendra de deux facteurs de l’impact économique final de la pandémie et d’événements externes additionnels dans un environnement mondial fragile. «L’impact sur les entreprises de l’UE et leur qualité de crédit, ainsi que sur les établissements de crédit, reste particulièrement préoccupant, tout comme l’endettement croissant des entreprises et des pouvoirs publics.»
Le régulateur distingue trois étapes : période d’illiquidité et de volatilité (jusqu’à fin mars), rebond (avril), et période de différenciation (depuis mai), où le risque de crédit et de solvabilité est réapparu au premier plan, les investisseurs ayant commencé à faire la différence entre les émetteurs et les classes d’actifs dans un contexte de détérioration continue des fondamentaux économiques. Il estime que les régulateurs ont ont pris des mesures pour promouvoir la stabilité, la protection des investisseurs et l’intégrité du marché.
Par ailleurs, l’Esma met en évidence les risques spécifiques concernant les titrisations de prêts à effet de levier (Collateralised loan obligations, CLO) et revient, avec des conclussions intéressantes, sur les sujets «froids» du dégroupage du financement de la recherche et des fonds indiciels déguisés (closet trackers).
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