Le régulateur américain sévit à nouveau contre le secteur de l’audit
Les tentatives de contournement de l’embargo américain refont parler d’elles. PricewaterhouseCoopers (PwC) est cette fois sanctionné pour avoir manipulé le rapport antiblanchiment établi pour Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et qui était destiné aux régulateurs américains.
Le Département des services financiers de l’Etat de New York, dirigé par Benjamin Lawsky, a publié hier les termes de l’accord scellé avec le cabinet d’audit. PwC doit s’acquitter d’une amende de 25 millions de dollars et il ne pourra exercer ses activités de conseil pendant deux ans auprès des banques supervisées à New York. En outre, la société devra prendre une série de mesures internes pour prévenir les conflits d’intérêts.
Selon les régulateurs, PwC aurait, dans son rapport d’audit, volontairement sous-estimé les relations de Bank of Tokyo-Mitsubishi avec les pays sous embargo américain, notamment l’Iran et le Soudan, sous la pression de son client. Les informations falsifiées concernaient des transferts d’argent d’une valeur de 100 millions de dollars, mis à jour par les auditeurs de PwC entre juin 2007 et mai 2008. L’établissement japonais s’était d’ailleurs résigné en juin 2013 à payer 250 millions.
«Cette affaire concerne une mission unique réalisée il y a plus de six ans, dans laquelle PwC a identifié les transactions pertinentes qui étaient transmises aux régulateurs par le client de PwC. Le rapport détaillé de PwC révèle également les éléments pertinents qu’il a appris au cours de ses recherches», répond Miles Everson, l’avocat du cabinet.
Cette sanction s’inscrit dans une série d’enquêtes menée par le régulateur sur les pratiques des cabinets d’audit. «Nous continuons à mettre en évidence des conduites répréhensibles ou des tentatives d’influence inacceptables dans le conseil au secteur bancaire. En tant que régulateur, sans doute devrions-nous regarder les choses en face et nous demander si nous faisons assez pour déceler et enquêter sur cet enchevêtrement troublant de conflits d’intérêts. Lorsque les dirigeants d’une banque font pression sur un consultant pour édulcorer un rapport censé être objectif destiné aux régulateurs (et que le consultant obtempère), cela affecte le cœur de notre système de supervision», explique Benjamin Lawsky.
L’année dernière, Deloitte avait accepté de payer 10 millions de dollars et une interdiction d’exercer d’un an avec les banques régulées à New York pour avoir manipulé ses audits antiblanchiment réalisés pour Standard Chartered.
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