Le redressement de Nomura reste entaché par le scandale de trading
L’ombre de l’ère Kenichi Watanabe, son ex-patron, plane toujours sur Nomura. La banque japonaise a dégagé un bénéfice net de 2,8 milliards de yens (28 millions d’euros) sur le trimestre achevé fin septembre, en hausse de 48,5% par rapport au trimestre précédent et faisant suite à une perte nette de 46 milliards un an plus tôt.
Le produit net bancaire a progressé de 8,8% sur le trimestre et de 33% sur un an pour atteindre 401,7 milliards, tiré par une hausse des revenus de trading qui ont plus que triplé sur un an à 88,9 milliards. «Il s’agit de notre quatrième trimestre consécutif de bénéfice avant impôts, et toutes les branches sont rentables malgré un environnement difficile marqué par la crise de la dette souveraine en Europe et un ralentissement de l'économie en Chine», s’est ainsi félicité Koji Nagai, le nouveau PDG de la banque.
La banque de détail reste le moteur avec un bénéfice avant impôts de 11 milliards, en hausse de 2% sur un an. Sur le premier semestre de l’exercice, Nomura a affiché un bénéfice avant impôts de 55,1 milliards, après une perte de 10,3 milliards il y a un an. Mais le chemin reste long pour atteindre l’objectif de 250 milliards dès l’exercice 2015-2016 visé par le programme de recentrage des activités en Asie lancé début septembre, un montant trois fois plus important qu’en 2011-2012.
D’autant que la performance affichée demeure néanmoins nettement inférieure au consensus Bloomberg qui tablait sur un résultat net trimestriel de 5 milliards. La légère reprise des commissions de la banque d’investissement à 17,1 milliards de yens n’a pas permis de compenser la chute de 13,6 milliards de celles sur les activités de courtage qui sont tombées à 72,3 milliards.
Le départ en juillet du président de la banque, Kenichi Watanabe, et de son bras droit, éclaboussés par un scandale de délit d’initiés, ont écarté la banque de nombreuses opérations au Japon. Nomura a perdu sa première place dans le classement mensuel des commissions tirées des opérations de fusions-acquisitions au Japon pour la première fois depuis plus de douze ans au profit de Mizuho Financial Group, grâce au rôle de ce dernier dans le rachat de Sprint Nextel par Softbank. Les opérations internationales ont encaissé une perte avant impôts pour le dixième trimestre consécutif, même si elle s’est réduite de moitié sur un an à 29,6 milliards à fin septembre.
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