Le redémarrage des transactions de LBO pousse aux refinancements
Les conditions dans lesquelles les banques ont accepté de financer à nouveau les acquisitions à effet de levier (leveraged buy-out, LBO) l’année dernière n’avaient plus rien à voir avec la période de bulle qui a précédé la crise de 2008. Des marges établies autour de 450-550 points de base (pb) au-dessus du taux de référence pour des lignes bancaires n’avaient rien d’exceptionnel courant 2010.
Mais l’appétit des banques pour le marché du LBO s’est confirmé et les marges ont reculé en un an. En outre, «les investisseurs disposent de sommes importantes à placer et souhaitent réorienter leurs allocations vers des actifs plus rémunérateurs que la dette souveraine», explique le responsable du leveraged finance d’un établissement. La tentation est grande, pour certains banquiers comme pour les sociétés sous LBO, de renégocier à la baisse leurs conditions d’emprunt fixées en 2010. Deux exemples sur le marché français contribuent à illustrer cette tendance: Picard Surgelés (arrangé par Citi, Morgan Stanley, Credit Suisse, le Crédit Agricole et la Société Générale) et Novacap (BNP Paribas, HSBC et la Société Générale).
Lion Capital, qui a acquis le premier en 2010, est en train de renégocier des rabais importants pour les tranches A (à 6 ans) et B (à 7 ans) du prêt, respectivement margées à 450 et 500 pb. L’un des banquiers impliqués dans le financement d’origine indique à L’Agefi que l’actionnaire de Picard a formulé une première demande à 350 et 400 pb pour ces deux lignes. Un consensus s’est établi avec certaines banques à 400 pb sur chaque ligne – même si une autre source affirme que l’accord n’est pas encore signé.
Concernant Novacap – acquis par Axa Private Equity en début d’année et dont les tranches de dette affichent des marges respectives de 425 et 500 pb –, une source bancaire n’a pas souhaité confirmer l’objectif de rabais de 25 et 50 pb évoqué par Bloomberg, les négociations n’étant là encore pas achevées.
Cette tendance ne réjouit pas tous les prêteurs. «Les banques les plus enclines à accepter, voire à proposer de tels refinancements, sont les pures banques d’investissement qui ne prennent aucune part finale dans les prêts et se rémunèrent par les seules commissions d’arrangement, avertit un banquier. Autant la renégociation est légitime pour Picard, société très solide, autant le risque est que la tendance se généralise à l’ensemble des LBO. Tous les crédits ne se ressemblent pas».
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