Le rebond des fusions et acquisitions devrait prendre de la consistance
Le rebond de l’activité constaté depuis janvier dans les fusions et acquisitions devrait cette fois perdurer, jugent dans une note récente les analystes de Credit Suisse. A l’appui de leur optimisme, ils mentionnent tout d’abord un montant global des transactions inférieur de moitié à sa moyenne décennale, et le fait que cette activité tend à suivre la reprise du marché boursier «avec un décalage de 12 mois».
Ils ajoutent que le faible endettement et la bonne génération de trésorerie de nombreuses entreprises, particulièrement aux Etats-Unis, confèrent à ces dernières une grande flexibilité pour financer d’éventuelles acquisitions par la dette. En raison du faible rendement des obligations corporate, l’utilisation d’un effet de levier plus important a de surcroît un impact relutif sur les bénéfices des acquéreurs.
Le courtier relève par ailleurs que «28% de la capitalisation boursière agrégée des sociétés européennes se traite actuellement en dessous de la valeur de remplacement des actifs», soit un niveau deux fois supérieur à la moyenne des 15 dernières années. A l’échelle mondiale, il constate depuis le début de cette année une multiplication des opérations émanant d’investisseurs financiers et une hausse de la prime de contrôle qui atteint en moyenne un niveau de 30%.
Si 46% des acquéreurs surperforment leur secteur dans les deux ans suivant l’annonce d’une transaction, ce chiffre masque une certaine disparité sectorielle. Le rachat d’une entreprise dans l’énergie, les matières premières ou l’informatique aboutit aux surperformances boursières les plus importantes, à l’opposé des acquisitions dans les biens de consommation. D’autre part, aucune corrélation n’a été constatée entre le niveau de prime et la performance boursière de l’acquéreur durant l’année qui suit l’annonce d’une transaction.
Une reprise durable des fusions et acquisitions aurait un impact positif sur les volumes du marché actions et elle soulagerait les banques d’investissement, qui tirent en Europe environ 6% de leurs revenus du conseil financier, en excluant les revenus provenant du financement des acquisitions. Outre-Atlantique, les analystes de Credit Suisse estiment que «les principaux bénéficiaires de ce mouvement seraient des intervenants plus spécialisés comme Greenhill ou Lazard, pour lesquels le conseil représente respectivement 97% et 54% des revenus.»
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