Le private equity n’a jamais autant distribué d’argent à ses souscripteurs
Si la crise financière a affecté l’activité du capital-investissement, en particulier en raison de la raréfaction du crédit, la classe d’actifs n’a jamais réellement connu de désertion de la part des investisseurs. Les statistiques publiées ce mois-ci par Preqin montrent que l’argent redistribué en une année par les sociétés de gestion à leurs clients a atteint un montant jamais obtenu en 2013, à la faveur d’une progression de 49% par rapport à l’année précédente: 568 milliards de dollars (425 milliards d’euros) ont été rendus aux souscripteurs des fonds. Le record précédent de 400 milliards a été établi en 2011.
Le décrochage observé en 2008 (les distributions étaient passées en un an de près de 350 milliards à environ 150 milliards) ne s’est pas installé. Les distributions ont crû à nouveau sans discontinuer jusqu’en 2011, pour reculer très légèrement en 2012 et bondir l’année suivante.
Cette tendance montre bien entendu que les équipes de gestion ont été capables de dégager du rendement (en particulier pour les fonds de LBO), mais aussi qu’elles ont continué à susciter l’intérêt des investisseurs, qui n’ont eu de cesse de leur confier davantage de fonds –malgré quelques hoquets ponctuels et au prix parfois de renégociation des contrats de souscription.
Les statistiques de Preqin montrent en effet que les actifs gérés par les fonds de private equity n’ont stagné qu’une seule année, en 2008 (à 2.279 milliards de dollars, contre 2.276 milliards en 2007). Fin 2013, ils ont atteint le montant record de 3.720 milliards de dollars (en hausse de 13% en un an). La société de conseil et fournisseur de données calcule les actifs sous gestion en additionnant les capitaux souscrits par les investisseurs mais pas encore appelés par les gérants de fonds («dry powder») et la valeur liquidative des portefeuilles d’actifs détenus par les fonds. La croissance des distributions aux souscripteurs a mécaniquement accompagné celle des encours sous gestion.
C’est la raison pour laquelle les investisseurs interrogé par Preqin affirment toujours dans leur majorité vouloir accroître leur exposition à la classe d’actifs du private equity. L’enchaînement des annonces de levées de «méga-fonds» de plusieurs milliards de dollars ou d’euros atteste de cet appétit.
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