Le premier semestre a été prospère pour les campagnes activistes
Cet été, l’actualité des fonds activistes ne tarit pas. Vendredi, Third Point a annoncé détenir une participation de 8,4% dans le groupe d’agroalimentaire américain Campbell Soup. Mi-juillet, Elliott, le plus actif d’entre eux, a mis la main sur l’AC Milan, après la conversion de sa dette en actions. Selon la dernière étude de la branche Shareholders Advisory de Lazard, les campagnes menées par les fonds activistes se sont encore intensifiées au premier semestre 2018. En 2017, Elliott dominait déjà largement le marché de l’activisme avec le lancement de 19 campagnes sur l’ensemble de l’année. Au premier semestre 2018, il en a lancé 17, déployant 5,3 milliard de dollars, sur un total de 21 milliards pour l’ensemble de ses campagnes en cours. Sur la période, seul TCI a dépensé plus, avec 9,8 milliards de dollars.
Au premier semestre, le nombre de sièges au conseil d’administration gagnés par un fonds activiste est impressionnant (119), déjà supérieur à ceux remportés durant la totalité de l’an dernier (100). Ces sièges l’ont été le plus souvent grâce à des accords (101) plutôt que via des batailles de procuration (proxy contests), c’est-à-dire avec la collecte des votes des actionnaires (18). Les campagnes visant à une prise de contrôle de plus de 50% du conseil d’administration (long-slate campaigns) sont les plus efficaces. De janvier à juin, elles ont été particulièrement importantes, représentant, pour la première fois depuis 2014, un tiers d’entre elles. La raison de leur succès est simple : 53% ont effectivement réussi à changer au moins la moitié du conseil d’administration.
L’explosion du nombre de sièges gagnés et le succès des long slate campaigns n’est pas un hasard. En 2018, renouveler le conseil d’administration pour parvenir à leurs fins était la méthode la plus utilisée par les fonds (37% des campagnes). «Traditionnellement», les fonds mettent également l’accent sur les opérations de fusion-acquisition, et le premier semestre 2018 n’a pas fait exception (34% des campagnes).
Selon Lazard, si l’Europe était une région ciblée l’année dernière, la tendance se maintient en 2018. Que ce soit en termes de nombre de campagnes ou de capitaux déployés, l’Europe accueille près d’un quart des campagnes du premier semestre. Mais elles sont surtout concentrées au Royaume-Uni : plus de la moitié des campagnes européennes visent les entreprises britanniques (18 sur 33).
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