Le pétrole grimpe au plus haut depuis juin 2015
Signe des tensions sur le marché pétrolier, les cours du Brent ont frôlé les 67 dollars le baril hier, leur plus haut niveau depuis juin 2015. L’explosion d’un pipeline en Libye – qui transportait jusqu’à 90.000 barils par jour – a fait monter les prix de plus de 4,5%, ce mardi. Depuis le point bas de la fin juin 2017, les cours ont rebondi de 49%.
Jabar al-Luaibi, qui s’exprimait en tant que ministre du pétrole de l’Irak – pays membre de l’Opep – avait alimenté lundi les spéculations à la hausse, en déclarant qu’un équilibre se dessinait pour le premier trimestre 2018 entre offre et demande de pétrole, alors que le marché a été constamment excédentaire ces dernières années. «Il y aura un meilleur équilibre entre offre et demande, ce qui se reflétera positivement par des prix en hausse», a-t-il déclaré. Jusqu’à maintenant, l’Opep évoquait un équilibre possible fin 2018.
L’organisation pétrolière a renouvelé en novembre ses objectifs de baisse de production, les prolongeant jusqu’à la fin de 2018, et intégrant même le Nigeria et la Libye à cette politique. Sa stratégie de réduction de l’offre, destinée à faire remonter les cours, serait donc en passe de réussir. Elle aurait d’autant plus de chances d’être couronnée de succès que la demande pétrolière augmente: beaucoup d’analystes estiment qu’elle pourrait atteindre 100 millions de dollars par jour en 2018 ou début 2019, selon Reuters. Du jamais vu.
Seulement voilà, cette analyse ne fait pas l’unanimité. Pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la progression des cours, souhaitée par l’Opep, pourrait réveiller les producteurs américains de pétrole de schiste, jugés en capacité de redémarrer rapidement leur production et «prompts à réagir à toute hausse de prix». L’Agence internationale de l'énergie (AIE) a ainsi, à la mi-novembre, relevé de 34%, à l’horizon 2025, sa prévision de production de pétrole de schiste, qui pourrait atteindre 9 millions de barils par jour. Avant cette échéance, l’AIE dit clairement ne pas croire à une nouvelle donne pétrolière, autrement dit à un rééquilibrage du marché en 2018.
En conséquence, les prix pourraient monter moins que ne le pense l’Opep. C’était du reste la crainte des Russes, qui réclamaient, lors de la conclusion du nouvel accord de l’organisation pétrolière, début novembre, que des mécanismes de lissage soient prévus afin d’anticiper la fin de la politique de réduction de l’offre, en décembre 2018.
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