Le niveau des trésoreries favorisera les fusions dans la défense en Europe
L’industrie de la défense en Europe devrait connaître une accélération du rythme des fusions et acquisitions en 2012. C’est l’opinion des analystes de Fitch Ratings qui ont passé en revue la situation financière des six plus importants intervenants du secteur (EADS, Rolls-Royce, Thales, BAE Systems, Finmeccanica et MTU AeroEngines). L’année 2011 avait déjà permis un rebond du montant des acquisitions réalisées par ces sociétés à 3,9 milliards d’euros, après le point bas de 600 millions de 2010.
Mais cette activité «provenait surtout de quelques transactions importantes comme la reprise de 50% du capital de Tognum par Rolls-Royce pour 1,5 milliard d’euros ou les rachats de Vector Aerospace et de Vizada par EADS pour un montant combiné de 1,1 milliard», relève l’agence de notation.
La liquidité très confortable de ces groupes devrait changer la donne, d’autant plus qu’ils devront «réaligner leur stratégie de croissance aux réalités de la baisse des dépenses de défense sur leur marché domestique». Selon les calculs de Fitch, les six principaux acteurs européens disposaient fin 2011 d’une trésorerie brute de 17 milliards d’euros, pour une dette financière à court terme de 4 milliards constituée pour moitié de crédits renouvelables. Le ratio de trésorerie sur dette à court terme (4,3 fois) est ainsi au plus haut depuis 2005. A travers sa filiale Airbus, un groupe comme EADS bénéficie également de la bonne orientation de l’aviation commerciale, segment sur lequel les avances clients représentent jusqu’à 30% du total des commandes.
Comme la plupart de ces acteurs sont réticents à pratiquer des rachats d’actions et qu’une hausse des investissements ne semble pas justifiée, compte tenu d’une demande au mieux stagnante dans l’aviation militaire d’ici à 2013 en Europe, les actionnaires exerceront une pression accrue en faveur d’un redéploiement de ce cash pour favoriser la consolidation du secteur. Ceci entraînera «la reprise de fournisseurs de premiers rangs par les constructeurs aéronautiques».
On songe à Latécoère, dont l’adossement serait facilité par une situation financière assainie. La notation de crédit des principaux acteurs ne devrait pas en pâtir car ils font preuve d’une solide génération de cash-flow et d’une flexibilité financière adéquate, qui pourrait de surcroît «être renforcée par des cessions d’actifs non stratégiques», conclut Fitch.
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