Le monde scrute avec anxiété le poker menteur de Washington sur la dette
Les négociations sur la dette des Etats-Unis à Washington entre le Congrès et l’administration Obama constituent décidément un feuilleton au suspense haletant. A chaque journée son lot d’espoirs et de désillusions, sans relâche le week-end. Dimanche en fin d’après-midi dans la capitale américaine (après minuit, heure française), l’indécision régnait encore, tout près de la date fatidique de mardi, le 2 août, au-delà de laquelle le pays ne pourrait honorer, faute d’accord, ses engagements sur sa dette, aujourd’hui plafonnée à 14.300 milliards de dollars.
Un accord semblait pourtant tout proche alors que le chef de file des élus démocrates au Sénat, Harry Reid, a selon un porte-parole signé un projet de compromis nécessitant l’approbation des Sénateurs de son camp. Nancy Pelosi, représentante de la minorité démocrate de la Chambre des Représentants, n’avait pas encore exprimé son opinion sur ce projet d’urgence.
Il n’était alors pas impossible que le Sénat puisse se prononcer sur ce plan dès hier soir, dans l’attente d’un vote par la Chambre des Représentants aujourd’hui. Mais l’opposition dans les deux camps n’est pas éteinte.
Le chef de file des Sénateurs républicains, Mitch McConnell a confié sur CNN que le projet pourrait inclure une réduction du déficit de 3.000 milliards de dollars. Le Financial Times évoque un montant de 2.400 à 2.800 milliards sur dix ans. David Plouffe, conseiller de Barack Obama, assurait de son côté que ces discussions portaient sur un programme en deux temps, qui passerait par une baisse initiale des dépenses budgétaires de 1.000 milliards de dollars, le choix du solde des économies devant être laissé aux bons soins d’un comité spécial bipartisan devant émettre des recommandations au Congrès d’ici à fin novembre. Le texte stipulerait que la réduction à venir du déficit doit être inscrite dans la loi. Faute de recommandations de la part du comité spécial, ou en cas d’incapacité du Congrès à les appliquer, des coupes budgétaires seraient appliquées d’office dans tous les secteurs, y compris la santé ou la défense.
De par le monde, et à l’entame d’une nouvelle semaine sur les marchés financiers, qui attendent depuis longtemps un dénouement à Washington, les responsables expriment leur lassitude. «Le monde regarde les Etats-Unis avec inquiétude, avec anxiété, mais aussi avec espoir», a fait valoir sur CNN la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
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