Le marché primaire européen des prêts à effet de levier se tend
Les conditions de financement des LBO européens se durcissent. Dans le sillage du retour de la volatilité sur le marché des prêts à effet de levier (leveraged loans), les emprunteurs doivent de plus en plus souvent revoir leur copie pour convaincre les investisseurs. Vendredi, Bloomberg rapportait que la décote à l’émission (OID) sur la tranche en euros finançant l’opération d’Exponent Private Equity et Electra Partners sur Photobox pourrait ainsi atteindre 95, contre une guidance de 98-99.
Toujours en syndication, ce placement de 175 millions d’euros de Term Loan B (TLB) pourrait voir son OID encore élargie. Lundi dernier, la tranche de 194 millions d’euros finançant l’acquisition par Bridgepoint d’Element Materials Technology a vu son OID être ajusté de 99 à 96, assorti d’un taux plancher de 1%. Bouclé mi-février, le TLB à 7 ans de 339 millions d’euros émis dans le cadre du rachat des hôtels B&B par PAI Partners n’a pas échappé à la règle, avec un OID de 95 et un floor de 1%.
Tous les placements n’ont cependant pas donné lieu à un flex, à l’image du TLB de 295 millions d’euros lié à l’acquisition du spécialiste français du flaconnage Saverglass par Carlyle. Selon S&P Capital IQ LCD, 43% des transactions bouclées en 2016 ont néanmoins subi un flex à la hausse ou à la baisse, « dont la majorité pour apaiser les prêteurs ». Cette proportion de flex s’établissait à 41% en septembre dernier, et seulement 37% en avril 2015.
« Les acteurs recherchent un nouveau niveau de prix après la récente volatilité sur le marché secondaire et un changement des fondamentaux du marché », analyse S&P Capital IQ LCD, qui note également de fréquentes révisions des documentations lors des syndications. Selon l’indice S&P European Leveraged Loan, le prix de vente moyen a ainsi fondu de 176 points de base depuis le début de l’année, dont 149 points de base sur le seul mois de février, à 95,1%.
Inédits depuis 2008, ces ajustements interviennent dans un contexte d’inquiétudes sur la croissance, qui a des conséquences sur les véhicules de CLO (collateralized loan obligations), habituels acteurs du marché. « Les craintes d’une exposition au secteur énergétique américain jouent sur les spreads des CLO, ce qui en retour pèse sur les prix des loans européens », analyse BofA Merrill Lynch. Le volume d’émission de CLO en Europe a en outre baissé de 54% sur un an cette année, à 820 millions d’euros.
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