Le marché primaire de la dette LBO souffre des turbulences actuelles
L’inquiétude des investisseurs se ressent jusque dans le financement des acquisitions à effet de levier (LBO, leveraged buy-out). Ce marché est très calme depuis le début du mois d’août.
«En dépit de la période de congés, l’activité ne s’arrêtait pas pour autant ces dernières années: les banquiers concluaient les financements structurés pendant l’été et travaillaient à remplir leur carnet de commandes du mois de septembre. Mais cette année, la volatilité des marchés, provoquée par les inquiétudes relatives à la croissance mondiale et la crise apparemment sans fin de la zone euro, a étouffé ces volumes déjà réduits», expliquent les analystes de Standard & Poor’s LCD.
Selon la filiale de l’agence de notation, moins de 3,2 milliards d’euros de dette ont été montés en Europe entre le 18 juillet et le 18 août: 2,77 milliards de prêts bancaires et 380 millions d’euros d’émissions obligataires à haut rendement (high yield), provenant de deux opérations seulement. Pendant les seuls jours du mois d’août, le marché a été quasiment inexistant, puisqu’inférieur à 100 millions.
Le marché avait atteint près de 5,8 milliards d’euros sur 30 jours au 18 août 2010, alimenté notamment par un flux d’émissions à haut rendement de 2,2 milliards. Près de deux milliards d’euros de financement ont été arrangés pendant la période du mois d’août.
Les analystes rapportent que le flux des opérations programmées pour l’automne est le plus ténu que beaucoup de banquiers aient jamais connu, mais aussi que les syndications de prêts sur le marché primaire ont considérablement ralenti. Ainsi, le financement de 500 millions d’euros (dont 420 de prêt senior) pour le LBO de Blackstone sur Jack Wolfskin (vêtements pour activités de plein air), arrangé par Bank of America, IKB, Morgan Stanley et UBS, peine à séduire les acheteurs de dette, alors que la date butoir était initialement fixée la semaine dernière. Selon S&P LCD, les syndications des dettes de Com Hem, Action, Versatel et Mondo rencontreraient également un succès mitigé.
Cela dit, la deuxième moitié du mois d’août pourrait se révéler un peu plus dynamique que la première – ce qui en soit ne relèverait pas de l’exploit. En France, un seul LBO significatif récemment: le rachat de Sagemcom (le 20 août), mené par Carlyle. D’un montant non dévoilé, il pourrait atteindre jusqu'à 500 millions.
Plus d'articles du même thème
-
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat