Le marché européen du high yield s’américanise
Le marché européen du high yield prend de plus en plus l’accent américain. Selon une récente étude de BoA Merrill Lynch, depuis le début de l’année, les entreprises américaines ont représenté 19% des émissions d’obligations à haut rendement libellées en euros, devançant leurs homologues françaises (15%) et italiennes (10%), les deux principales animatrices du high yield ces dernières années.
Particulièrement marquée cette année, cette américanisation du marché européen a en réalité débuté en 2015. Depuis fin 2014, la part de marché des groupes américains dans les émissions à haut rendement en euros est passée de 2% à 10%, à 27 milliards d’euros. Ils font désormais jeu égal avec les entreprises britanniques. «Si ce rythme se poursuit, les émetteurs américains pourraient se retrouver au coude à coude avec les groupes français et italiens», estime BoA Merrill Lynch. Cette année, l’Italie représente 19% du marché et la France 12%.
Concurrence des loans
Le high yield européen suit la tendance également observée ces dernières années sur le marché investment grade, les émetteurs américains venant y chercher des coupons meilleur marché ainsi que des ressources financières destinées à couvrir leurs opérations dans la monnaie unique. BoA Merrill Lynch ajoute que les groupes américains profitent aussi favorablement de la demande inassouvie des investisseurs high yield en euro, l’offre des émetteurs européens ne suffisant pas à mettre au travail l’intégralité de leurs ressources. Résultat, sur les onze groupes américains ayant émis en euro depuis le début de l’année, sept réalisaient leur émission inaugurale.
L’afflux d’émetteurs américains sur le marché high yield en euro «constitue un bon renfort», appuie BoA Merrill Lynch. Cette liquidité supplémentaire compense une partie de l’asséchement du marché en euro, notamment dans la catégorie B, l’amélioration de la situation financière des entreprises européennes ayant tendance à augmenter leur taux de promotion en investment grade. Les analystes soulignent également la concurrence revigorée du marché des prêts. Récemment Techem et Thom Europe ont par exemple annoncé des refinancements d’obligations high yield via l’émission d’un nouveau loan.
Plus d'articles du même thème
-
Les pays émergents ont gonflé la dette mondiale
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques. -
Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Le bilan annuel de la Banque de France et de l'ACPR montre que les assureurs et fonds de pension français ont allongé la maturité de leurs portefeuilles obligataires en 2025. -
Les marchés de taux s'emballent
Les chiffres des indicateurs PMI et les tensions sur le pétrole ont fait bondir les taux des deux côtés de l'Atlantique.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Gaz des maraisRéglementation sur le méthane : les pièges politiques du report demandé par Macron à Von der Leyen
Le président français réclame l'ajournement de certaines obligations liées à la législation européenne, un texte au cœur d’un incessant lobbying des industriels -
Espion, lève toiBerlin veut autoriser ses services secrets à mener des actions clandestines à l'étranger
Le parlement allemand a commencé jeudi l'examen d'un projet de loi visant à étendre les compétences du BND et du renseignement intérieur -
Après les polémiques, Marine Le Pen réaffirme que la France n'a « plus les moyens » d’aider l’Ukraine
Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont livré jeudi une passe d’armes par interviews interposées sur la question de l’aide financière à l’Ukraine.