Le marché européen de la dette fait de la résistance grâce au haut rendement
Le climat reste morose sur les marchés des émissions de dette obligataire et de prêts syndiqués, selon les statistiques publiées par Dealogic au titre du premier semestre 2013. Quand bien même les volumes de prêts syndiqués ont dans le monde progressé de 5% sur la période, à 1.860 milliards de dollars et en dépit d’un repli de 11% du nombre d’opérations (3.872), la tendance en Europe (zone EMEA, Europe (92% des volumes), Moyen-Orient et Afrique) a été inverse avec une baisse de 7% des volumes à 413,9 milliards. 587 opérations ont été nouées (-25%), soit le pire premier semestre depuis 2002.
Dealogic souligne la montée en puissance des transactions libellées en dollar, qui, en hausse de 49%, ont représenté 38% du total EMEA, contre 49% pour les prêts en euro dont les volumes ont chuté de 22%. Et dans ce cadre, les banques françaises prennent du galon au sein du classement. Alors que BNP Paribas ravit la première place à Deutsche Bank avec une part du marché des prêts syndiqués de 7,9%, Crédit Agricole et la Société Générale progressent respectivement d’un et trois crans aux troisième et quatrième places.
En parallèle, les volumes d’émissions obligataires ont certes cédé 2% dans le monde sur le semestre écoulé à 3.320 milliards de dollars (pour un nombre d’opérations en retrait de 12% à 11.241), mais leur repli se limite à 3% en zone EMEA, à 1.280 milliards (pour un nombre d’opérations en baisse de 20% à 3.321), dont 56% libellés en euros. Une résistance toute relative placée sous la protection du dynamisme du marché de la dette à haut rendement. Ce compartiment du high yield a en effet progressé en volumes de 55% dans le monde (à 278,3 milliards), et, surtout, a doublé (+108%) en Europe à un montant record de 87,9 milliards. La maturité moyenne des émissions obligataires en zone EMEA s’est élevée à huit ans et cinq mois, la plus longue jamais observée pour un premier semestre après 2007 (douze ans et six mois).
Dealogic note dans ce contexte que le marché de la dette fait actuellement les beaux jours du métier de banque d’investissement. Les émissions obligataires ont en effet représenté 41% des 8,7 milliards de dollars de revenus engrangés dans le domaine sur le Vieux Continent au premier semestre, une part qui n’avait pas été aussi importante depuis le premier semestre 1998 (43%). Deutsche Bank mène la danse avec une part des revenus de 8,4%.
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