Le marché du financement LBO se penche sur le dossier Conforama
Conforama, prochaine cible d’un LBO ? PPR sonde en tout cas les banques sur leur capacité à financer un éventuel rachat avec effet de levier de sa chaîne d’équipement de la maison, dont la cession alimente les rumeurs depuis plusieurs années.
De source bancaire, le groupe aurait mandaté Rothschild & Cie pour organiser un appel d’offres auprès des banques afin d’arranger un financement «clé en main» (staple financing) qui permettrait à un fonds d’investissement de racheter l’enseigne. Les principaux intéressés ne faisaient mercredi aucun commentaire.
«PPR essaie d’évaluer le niveau de dette qui pourrait être mis sur Conforama, et donc le prix que des investisseurs seraient prêts à payer pour cet actif», décrypte un banquier. Selon Bloomberg, le groupe de luxe et de distribution pourrait décider mi-novembre s’il lance, ou non, le processus de vente de sa filiale, et s’il mandate une banque conseil à cet effet. D’autres pistes seraient à l’étude, comme une levée de fonds permettant le versement d’un dividende exceptionnel (dividend recap) et la monétisation du patrimoine immobilier de la chaîne d’ameublement.
La mise en place d’un financement «clé en main», en suscitant une demande de la part de l’univers LBO, doit aussi permettre de faire monter les enchères sur Conforama. Selon les analystes de Raymond James, qui valorisent l’enseigne à 1,4 milliard d’euros dette comprise, un industriel reste le mieux placé pour racheter la filiale de PPR et achever son redressement.
Le groupe sud-africain Steinhoff, qui lorgne officiellement le marché français, fait partie des prétendants cités. Autre candidat potentiel: le concurrent But, numéro trois français de l’ameublement avec 9,7% de parts de marché, détenu depuis 2008 par les fonds Colony Capital et Goldman Sachs Capital Partners. Une piste qui laisse cependant sceptiques certains observateurs extérieurs. Un rapprochement des deux enseignes, qui contrôleraient un quart du marché français, n’irait pas sans créer des problèmes de concurrence et de doublons dans certaines villes, avec de probables cessions de magasins à la clé. Par ailleurs, Colony Capital et Goldman Sachs ne seraient pas aujourd’hui dans une logique de réinvestissement, mais plutôt disposés à faire entrer d’autres investisseurs dans le capital de But.
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