Le marché des obligations d’Etat subit une forte correction
La hausse des rendements américains s'étend à ceux de la zone euro, avec une augmentation plus marquée des spreads italiens avant le référendum du 4 décembre.
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Patrick Aussannaire
La correction observée aux Etats-Unis s’est propagée à la zone euro.
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Les tensions sur les rendements d’Etat des pays développés montent d’un cran. L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis été le catalyseur d’une hausse des rendements des Treasuries qui atteint 45 pb sur la partie 10 ans depuis mercredi dernier, et se décompose en 19 pb pour le taux réel et 26 pb pour la prime inflation, selon les estimations de Natixis. «L’optimisme des marchés vis-à-vis de la croissance provient des projets d’infrastructure qui sont considérables sur le papier, à 1.000 milliards de dollars, et de la perspective de baisses d’impôts avec un taux d’impôt sur les sociétés qui passerait de 35% à 15%. Dans le secteur financier, il s’explique par le souhait de la prochaine administration de démanteler Dodd-Frank qui permettrait de dégager de la ressource pour financer l’économie», explique ainsi Natixis.
La partie courte n’a pas été épargnée avec une hausse des rendements américains de 22 pb depuis mercredi, sur fond de renforcement des perspectives de hausse des taux de la Fed dans un contexte favorable à une accélération de l’inflation. Ce mouvement a entraîné une repentification de la courbe de taux américains d’environ 25 pb sur la partie 2 ans - 10 ans. Ces tensions avaient en outre débuté avant l’élection de Donald Trump et atteignent 70 pb sur le rendement à 10 ans depuis fin septembre, revenu ainsi sur ses plus hauts de l’année, et près de 30 pb sur le 2 ans, qui a ainsi franchi hier le seuil symbolique de 1% pour la première fois en 2016. «La hausse des rendements pourrait bien n’être que le début d’un mouvement de correction plus marqué», alerte Natixis.
Si elle reste pour l’heure contenue, cette correction s’est propagée à la zone euro qui enregistre une hausse identique sur le 10 ans, la partie courte restant protégée par la perspective du maintien de la politique ultra-accommodante de la BCE au moins jusqu’en mars 2017. A l’exception du Portugal, les spreads des pays de la zone euro se sont tous écartés depuis fin septembre face au Bund allemand à 10 ans, lequel traite à 0,31%. Si le spread de l’OAT française et des titres espagnols a augmenté de 20 pb, la perspective du référendum sur la réforme constitutionnelle en Italie le 4 décembre a entraîné une sous-performance des BTP italiens de 50 pb face au Bund. Depuis son plancher de mi-août, le taux 10 ans italien s’est écarté de 115 pb à 2,18%, au plus haut depuis mi-2015.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux.
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