Le marché des IPO veut tourner le dos à une année noire
Les pics de volatilité plus ou moins longs provoqués successivement par les inquiétudes sur l’économie chinoise, le Brexit, les élections présidentielles américaines puis le référendum italien ont eu raison des introductions en Bourse en 2016. Selon les chiffres préliminaires de Dealogic, le volume mondial des IPO a chuté de 32% l’an dernier, pour tomber à 132,8 milliards de dollars, soit le plus faible niveau depuis 2012.
Ce déclin est généralisé à toutes les places financières. La région Europe-Moyen Orient-Afrique a compté pour 35,3 milliards de dollars d’IPO en 2016, moitié moins qu’en 2015, principalement sous l’effet du Brexit. A la Bourse de Londres, le volume des IPO est tombé à 5 milliards de dollars, trois fois moins qu’en 2015. Le segment Euronext de la Bourse de Paris n’a recensé que 8 IPO, pour un volume de l’ordre de 780 millions d’euros, dont 380 millions à mettre au crédit de Maisons du Monde et 250 millions levés par Mediawan. Avec les introductions en Bourse de Amundi, Elis, Europcar ou bien encore Spie, Euronext avait recensé un peu plus de 5 milliards de dollars en 2015. Même les 200 millions d’euros attendus initialement de l’IPO d’Alain Affelou, reportée finalement à début 2017, n’auraient pas changé la donne pour le marché français.
Les émetteurs ont envie d’agir
Mais le recul est aussi particulièrement marqué aux Etats-Unis, «contrairement aux idées reçues», souligne Thierry Olive, responsable mondial de l’equity capital market chez BNP Paribas. Les volumes d’IPO ont chuté de 41% en 2016 aux Etats-Unis, à 19,7 milliards de dollars, plus petit montant depuis 2009.
Malgré ce violent coup de frein, les banquiers veulent croire à un rebond en 2017, alors que le retrait des investisseurs des fonds actions européens, mouvement qui a contribué à faire chuter les volumes d’IPO en 2016, a commencé à ralentir. «L'élection de Donald Trump et le référendum italien ont pour l’instant été intégrés par le marché. Les émetteurs ont envie d’agir. Le premier trimestre 2017 devrait marquer une reprise dynamique de l’activité» equity capital market, prédit Cyril Revenu, responsable de l’ECM pour la France chez HSBC. «Les candidats aux IPO sont plus variés qu’il y a 2 ou 3 ans, ne concernant plus exclusivement des sorties de fonds de private equity», appuie Alexis Le Touzé, son alter ego à la Société Générale.
Relance attendue des ouvertures de capital des sociétés publiques
Outre Alain Afflelou, le marché parisien attend pour cette année la mise en Bourse de Carmila, la foncière commerciale de Carrefour. Le nom du bijoutier Thom Europe est également avancé. D’autres industriels pourraient aussi choisir la voie de la Bourse pour céder des activités jugées non stratégiques, même si avec leur montagne de liquidités à mettre au travail les fonds de private equity risquent de préempter encore de nombreux dossiers, comme ils l’ont fait dernièrement pour Morpho (filiale de Safran), Atotech (Total) ou Acetow (Solvay). A plus longue échéance, des sociétés comme Sigfox ou BlaBlaCar, qui approchent de leur dernier tour de financement privé, font également parties des candidats à la Bourse. Enfin, l’élection d’un nouveau président de la République pourrait relancer les ouvertures de capital des sociétés publiques. François Fillon a déjà annoncé qu’il y était favorable. Dans ce cadre, la Française des Jeux reste un dossier potentiel, même si l’option de l’IPO, plusieurs fois étudiée par le passé, n’a jamais abouti. Aux Etats-Unis, l’IPO de Snap, attendue au printemps 2017, constituera un test important. Uber pourrait également se lancer en 2017.
Si les IPO venaient encore à manquer, les banquiers s’attendent à une bonne tenue des ventes de blocs d’actions, des augmentations de capital ou des obligations convertibles, les autres segments de l’ECM. «L’exemple d’Air Liquide démontre que le marché est aujourd’hui prêt à soutenir des opérations de croissance externe de taille significative», rappelle Cyril Revenu. Le groupe de gaz industriel a levé 3,3 milliards d’euros de capital pour financer l’acquisition d’Airgas. «Le marché a traversé des pics de volatilité extrême» cette année «et pourtant, à chaque fois, des fenêtres se sont rapidement rouvertes, signe que les fondamentaux restent bons, entre des liquidités importantes et la volonté des investisseurs de s’exposer de nouveau à l’Europe. Ces facteurs devraient continuer à jouer en 2017», ajoute Jean-Baptiste Giros, co-responsable de l’ECM pour la France et le Benelux à la Société Générale.
Les augmentations de capital et les émissions de titres donnant accès aux actions ont d’ailleurs permis à l’ECM de résister à la chute des IPO en France en 2016. En ajoutant la Belgique, les volumes ont atteint 25 milliards d’euros, contre 30 milliards en 2015. En Allemagne, les volumes ECM ont chuté de 30 à 13 milliards d’euros en un an. Au niveau mondial, l’ECM a plié de 38% en 2016, à 279,5 milliards de dollars.
{"title":"La Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, num\u00e9ro un des IPO en France»,"body":{"value":"En intervenant sur cinq des huit IPO du march\u00e9 parisien en 2016, la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale s’est assur\u00e9e la premi\u00e8re place du classement, devant JPMorgan. Mais en ajoutant les autres activit\u00e9s ECM (augmentation de capital, vente de blocs et obligations convertibles), BNP Paribas prend alors la t\u00eate. Au niveau europ\u00e9en, les banques fran\u00e7aises restent en revanche loin derri\u00e8re les leaders. BNP Paribas est num\u00e9ro 10, les trois premi\u00e8res places \u00e9tant occup\u00e9es par JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley.<\/p>\n»,"format":"light_html"}}
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