Le marché des Euro PP courtise les émetteurs étrangers
C’est le rêve de tous les banquiers travaillant sur le marché naissant des Euro PP: réaliser le premier placement privé d’un émetteur étranger. Depuis l’ouverture de ce marché l’an dernier, tous les placements privés de crédit (obligataires ou loans) recensés ont été réalisés par des entreprises françaises, pour la plupart contrôlées par un actionnaire familial fort. Or, de l’aveu de tous les spécialistes de ce segment, le mouvement de désintermédiation ne peut pas échapper aux émetteurs des pays frontaliers. A la recherche de rendement, les investisseurs pourraient ainsi obtenir le surplus de rémunération qu’ils recherchent.
L’Italie pourrait constituer un vivier important de candidats à ces placements réalisés auprès de quelques investisseurs, assureurs ou caisses de retraite. Le tissu industriel du pays ressemble beaucoup à celui de la France, avec une grande quantité d’entreprises de taille moyenne ou intermédiaire. Quant à la structure de financement de ces sociétés, elle est encore très bancaire (voir graphique). Plusieurs dossiers «italiens» pourraient aboutir dans les prochaines semaines, selon plusieurs banquiers. Le Nord de l’Europe, Belgique et Pays-Bas, est également exploré, indique l’un d’entre eux.
L’internationalisation de l’Euro PP risque toutefois de se heurter à la concurrence du marché allemand du Schuldschein, déjà bien établi et fréquemment employé par des émetteurs non germaniques. En 2012, plus de 12 milliards d’euros ont été levés sur ce marché, quasiment quatre fois plus que sur l’Euro PP. Même les émetteurs français aiment y intervenir. Ils ont représenté l’an dernier 6% des volumes du Schuldschein.
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