Le LSE se projette dans l’après-Deutsche Börse
Officiellement, le London Stock Exchange continue à «travailler dur» pour assurer le succès de son projet de fusion avec Deutsche Börse. Mais la Bourse de Londres se projette déjà dans un futur sans l’opérateur allemand, alors que plus grand monde ne croit aux chances de succès du mariage depuis que le LSE a annoncé le 26 février qu’il ne céderait pas sa plate-forme MTS comme le lui demande Bruxelles. Les déclarations vendredi de son directeur général Xavier Rolet, réaffirmant que le siège de la nouvelle entité serait situé à Londres, ne feront rien pour calmer les tensions politiques outre-Rhin.
S’«il n’y a pas de plan B, C, D ou E», selon Xavier Rolet, le dirigeant entend bien repasser à l’offensive au cas où Bruxelles bloquerait ses ambitions continentales. D’abord en restant à la tête de la Bourse de Londres, qu’il était censé quitter une fois marié à Francfort. « On dirait que mon départ a été repoussé » a-t-il admis. «Au cas où cette transaction ne se conclurait pas avec succès, nous serons de retour à la case départ. Je serai de retour dans le fauteuil du conducteur et travaillerai dur avec mes collègues pour faire en sorte que l’activité continue à prospérer», a précisé Xavier Rolet.
800 millions de livres à dépenser d’ici à 2019
L’ancien banquier d’affaires de Lehman Brothers a évoqué vendredi des acquisitions éventuelles dans les activités pré et post-marché. La bonne santé du groupe lui en donne les moyens. Le ratio de dette nette sur Ebitda est tombé à 1,1 fois fin 2016, contre 2 fois en juin 2015. A ce rythme, selon les analystes de Morgan Stanley, le LSE disposera de 800 millions de livres d’ici à 2019 à consacrer aux opérations de fusions ou à retourner à ses actionnaires.
L’opérateur britannique a déjà envoyé vendredi à ces derniers un signal appréciable: une hausse de 20% du dividende, à 43,2 pence par action, correspondant à celle du résultat net ajusté par action (+21% à 124,7 pence). La semaine dernière, le prix de l’action LSE a résisté à la perspective d’un échec de la fusion avec Deutsche Börse, en restant stable. «Le M&A restera un facteur de hausse des actions [dans le secteur] à moyen terme, estimaient les analystes d’Exane BNP Paribas dans une note datée du 28 février. D’après nous, le LSE a le plus de potentiel parmi les valeurs couvertes, comme acquéreur ou cible potentielle.»
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