Le LSE précise enfin les conditions de rachat de LCH.Clearnet
Après plus d’un an de négociations, la transformation de la Bourse de Londres en un groupe majeur dans le secteur de la compensation s’accélère. Le London Stock Exchange (LSE) a dévoilé hier les conditions définitives de sa prise de contrôle, pour 536 millions d’euros, de la chambre LCH.Clearnet. Elle devrait être terminée au deuxième trimestre 2013.
Comme annoncé en décembre, l’offre est moins avantageuse que prévu en mars 2012 pour le LSE et pour les actionnaires de LCH.Clearnet. Car la régulation européenne sur la compensation oblige le groupe (valorisé à 633 millions d’euros contre 813 millions d’euros en 2012) à lancer une augmentation de capital de 320 millions d’euros. Le LSE, qui détient déjà 2,3% du capital de la chambre aujourd’hui, mettra sur la table jusqu’à 351 millions d’euros pour en acquérir 55,5% de plus. Les actionnaires recevront finalement 15 euros par action au lieu de 19 euros. Puis, le LSE souscrira à hauteur de 185 millions d’euros à l’augmentation de capital de LCH.Clearnet. Quelque 73% des actionnaires de la chambre se sont engagés à souscrire au reste. Nasdaq OMX a accepté d’augmenter sa part au capital de 3,7% aujourd’hui à 5,5%.
Le LSE met ainsi la main sur un acteur qui avait été convoité par plusieurs opérateurs pour son positionnement sur la compensation des produits dérivés, notamment échangés de gré à gré. LCH.Clearnet est numéro 1 mondial en matière de compensation des swaps de taux et développe ses services de compensation des dérivés de change et de CDS. La chambre est ainsi bien placée pour surfer sur la vague réglementaire qui, de part et d’autre de l’Atlantique, contraint à la compensation des produits dérivés.
Le LSE, qui avait tenté en vain de se rapprocher de l’opérateur canadien TMX en 2011, trouve ainsi de nouveaux relais de croissance alors que les marchés actions souffrent de la crise. Parmi ses concurrents, Deutsche Börse a déjà sa chambre de compensation pour les dérivés et Nyse Euronext, en passe d’être acheté par ICE, devrait recourir à ICE Clear. Le patron de la Bourse de Londres, Xavier Rolet, revendique cependant une approche différente, notamment propre à rassurer les banques. Elles redoutent que le peu de concurrence entre opérateurs sur le marché de la compensation ne débouche sur une augmentation des prix. «Nous espérons que de multiples lieux de négociations vont choisir en premier LCH.Clearnet car le reste de l’industrie fonctionne en silos», a-t-il expliqué.
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