Le LSE et Deutsche Börse supprimeront 1.250 postes pour faire des économies
Le London Stock Exchange (LSE) et Deutsche Börse supprimeront environ 14% de leurs effectifs dans le cadre de leur fusion annoncée en février. Dans le prospectus de l’opération publié hier, les opérateurs ont dévoilé qu’ils supprimeraient 1.250 postes alors qu’ils totalisaient 8.700 emplois à la fin de l’année dernière. En net, les suppressions d’emplois seraient réduites à 700. Les groupes ont redit hier qu’ils comptaient diminuer leurs coûts de 450 millions d’euros par an dans les trois ans après l’opération.
Les opérateurs ont par ailleurs fait savoir que l’opération générerait 250 millions d’euros de «synergies de chiffre d’affaires» par an, à partir de la cinquième année après la fusion. Ils comptent notamment sur les bénéfices d’un rapprochement de leurs activités d’indices et de la compensation pour développer la vente de produits et le trading. Comme prévu, les actionnaires du LSE se prononceront sur l’opération en assemblée générale après le référendum sur le Brexit, plus précisément le 4 juillet. Les actionnaires de Deutsche Börse auront jusqu’au 12 juillet pour soumettre leurs actions à l’offre.
La fusion préoccupe les acteurs de la Place de Paris. Le ministre des Finances, Michel Sapin,s’est inquiété des problèmes que l’opération pourrait poser pour la concurrence. Les domaines des indices et de la compensation seraient les plus problématiques. Le gouverneur de la Banque de France s’est pour sa part dit soucieux des risques que représenterait l’opération pour la stabilité financière. Les deux groupes ont fait de la réduction des appels de marge pour la compensation l’un des atouts de leur fusion.
Le patron de Deutsche Börse, Carsten Kengeter a fait valoir qu’il n’y aurait pas de fusion des chambres à proprement parler et pas d’augmentation des risques. Une position qui ne convainc pas à Paris. «Vous ne pouvez pas à la fois dire qu’il y a des grosses économies et les faire miroiter aux opérateurs et dire je ne change rien derrière aux règles du jeu», estime Pierre de Lauzun de l’Association française des marchés financiers (Amafi). A ses yeux, il n’est pas admissible d’avoir un acteur en situation de monopole dans les activités de post-marché, sauf à ce qu’il soit public ou coopératif comme c’est le cas aux Etats-Unis avec DTCC.
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