La Place de Paris s’inquiète des risques de la fusion entre Deutsche Börse et le LSE
La Banque de France redoute des implications négatives pour la stabilité financière. La Place craint aussi l’avènement d’un acteur dominant.
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Solenn Poullennec
Les deux Bourses on fait du rapprochement de leurs chambres de compensation respectives un des points clés de leur fusion.
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Bloomberg
La Banque de France s’est associée au gouvernement et aux acteurs de la Place de Paris hier pour pointer les risques de la fusion du London Stock Exchange et de Deutsche Börse. L’institution redoute que l’opération ait des conséquences négatives pour la stabilité financière.
« Il y a le risque, en rapprochant les chambres de compensation au sein de London Stock Exchange-Deutsche Börse, de créer un acteur de très grande de taille qui pourrait être ‘too big to fail’ [Ndlr : trop gros pour faire faillite]», a déclaré le gouverneur François Villeroy de Galhau. Les Bourses de Londres et de Francfort ont fait du rapprochement de leurs chambres de compensation respectives, LCH.Clearnet et Eurex Clearing, un des points clés de leur fusion. Elles assurent que l’opération permettra aux utilisateurs de réduire leurs besoins en collatéral pour la compensation. «Une diminution du collatéral exigé pour couvrir des expositions économiques inchangées entre les participants de marché et les CCP [ndlr : chambres de compensation] pourrait revenir à affaiblir le niveau de protection lié à la compensation en Europe», a poursuivi le gouverneur.
«S’il y avait une trop grande concentration de titres, les risques seraient de notre point de vue aggravés», a appuyé le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin. Celui-ci a déjà déclaré vouloir saisir la Commission sur les questions de concurrence que pose la fusion, notamment pour les activités de compensation. «Si cette opération aboutit, ce serait l’une des plus grandes fusions bancaires depuis la fin de la crise; cette opération générerait une grande concentration des risques, ce qui suscite l’attention légitime des superviseurs prudentiels en Europe», a déclaré à L’Agefi le PDG de la Bourse continentale Euronext, Stéphane Boujnah.
Euronext peut compter sur le soutien de la Place de Paris. «Voir se constituer un acteur dominant en Europe, d’une capitalisation qui serait dix fois plus importante que celle d’Euronext, avec une intégration verticale et une extraordinaire concentration sur le règlement-livraison nous semble extrêmement dangereux», a déclaré Gérard Mestrallet, le président de l’association Paris Europlace. Celui-ci a par ailleurs souligné le risque de position dominante du nouvel ensemble dans les activités d’indices alors que le LSE et Deutsche Börse possèdent les indices FTSE et EuroStoxx.
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