Le Livre beige de la Fed affiche peu de progrès sur le front de l’inflation
La bonne santé du marché du travail commence à bénéficier aux salaires, sans que cela ne relance encore les pressions inflationnistes.
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Bastien Bouchaud
La Fed à Washington, intérieur du bâtiment.
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Intérieur du bâtiment de la Fed. Photo Fed.
Le casse-tête reste entier pour la Réserve fédérale. L’économie américaine a continué de créer de nouveaux emplois ces dernières semaines, ajoutant aux tensions déjà perceptibles sur le marché du travail, mais la hausse des prix est restée «modeste», note la Réserve fédérale dans son Livre beige publié hier, dans lequel elle compile des informations récoltées par ses antennes régionales. Le diagnostic porté par les Fed régionales est cohérent avec celui dressé par Janet Yellen lors de son audition au congrès (lire par ailleurs), avec une croissance économique sur l’ensemble des régions allant de «faible à modérée», et attendue à un rythme «modeste à modéré» au cours des prochains mois. De faibles signes de pression à la hausse sur les salaires pourront rassurer les membres de la Fed les plus favorables à une poursuite des hausses de taux, mais l’absence de pressions inflationnistes plus larges continuera à inquiéter les «colombes».
«Les pressions salariales dans l’ensemble suivent les conditions du marché du travail, et des pressions croissantes sur les salaires ont été signalées autant pour les postes à faibles et à hautes qualifications», souligne le rapport. Dans un large éventail de secteurs, des difficultés à trouver des employés qualifiés ont limité les créations d’emplois. Plusieurs Fed régionales ont ainsi rapporté des tensions sur le marché du travail, la Fed d’Atlanta notant que certaines sociétés avaient commencé à «déployer des technologies pour remplacer durablement des travailleurs pour des postes difficiles à pourvoir», tandis que celle de Philadelphie évoquait une loyauté affaiblie des salariés, signe de confiance dans leur capacité à trouver un nouvel emploi.
En dépit de ces signaux positifs, les salaires dans leur ensemble «ont continué à croître à un rythme ‘modeste à modéré' dans la majorité des régions», explique la Fed, et les prix à augmenter «modestement», «quelques régions» enregistrant même un «léger affaiblissement des pressions sur les prix». Les dernières données montrent une inflation à 1,4% en mai sur un an, selon la jauge privilégiée par la Fed des dépenses personnelles de consommation, loin de l’objectif de 2% poursuivi par la banque centrale. Le département du travail publiera demain les données du mois de juin, les économistes s’attendant à une progression marginale de l’inflation. La prochaine réunion de politique monétaire de la Fed est prévue les 25 et 26 juillet.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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