Le FMI met en garde contre l’inaction face à la finance
La volatilité des derniers mois est un signe révélateur des besoins de réformes pour assurer l'équilibre financier mondial, souligne le Fonds monétaire international (FMI) dans son dernier Rapport sur la stabilité financière publié hier. En l’absence de mesures adéquates, «de nouvelles perturbations pourraient advenir et en s’intensifiant débuter un cercle vicieux de fragilisation de la confiance, d’affaiblissement de la croissance, de resserrement des conditions de crédit et d’augmentation du poids des dettes», souligne le document. La stagnation financière et économique qui en résulterait entraînerait une perte de 4% du PIB mondial sur cinq ans par rapport aux projections actuelles du Fonds.
Des crédits pour refinancer de la dette
La Chine occupe une place prééminente dans le rapport du FMI, qui souligne la croissance importante des créances à risques. La dette des entreprises incapables de générer suffisamment de revenus pour couvrir le paiement de leurs intérêts est ainsi passée de 4% à 14% parmi près de 3.000 firmes entre 2010 et 2015. Une étude menée par le Fonds montre que 15,5% de l’ensemble des dettes bancaires commerciales sont potentiellement à risque, ce qui représente une perte de 756 milliards de dollars (670 milliards d’euros), soit 7% du PIB chinois, en supposant un ratio de pertes de 60% sur ces créances. Si ces niveaux de pertes sont actuellement gérables compte tenu des fonds propres bancaires et du maintien de la croissance, le FMI met en garde face aux risques de voir «une part croissante des crédits utilisés pour refinancer de la dette».
Les banques européennes sont également dans le viseur du FMI, qui rappelle le montant impressionnant des prêts non performants en zone euro, à 900 milliards d’euros à la fin juin 2015. L’institution note ainsi que près d’un tiers des banques européennes cotées font face à des «obstacles considérables pour atteindre un niveau de profitabilité soutenable sans se réformer», et considère que «les surcapacités dans le système bancaire européen devront être traitées».
Le FMI n’est toutefois pas uniquement négatif. Il met ainsi en avant les bénéfices que l’économie mondiale tirerait d’une «normalisation réussie». A savoir un PIB mondial supérieur de 1,7% en 2018 par rapport au scénario central, moins de pertes sur les créances douteuses en Chine comme en Europe, et un rebond de l’inflation, de l’investissement privé et de la consommation dans les économies avancées.
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