Le FMI abaisse ses prévisions de croissance pour 2021
Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les pressions inflationnistes freinent la reprise de l'économie mondiale, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI), qui a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis et la Chine entre autres. La présidente du FMI, Kristalina Georgieva, avait prévenu la semaine dernière de cet ajustement à la baisse.
Dans ses nouvelles perspectives économiques, présentées à l’occasion de ses réunions d’automne, l’organisation internationale dit tabler désormais sur une croissance mondiale de 5,9% cette année, contre 6% prévu en juillet. Il maintient sa prévision 2022 à 4,9%.
Une révision modeste qui masque toutefois d’importantes dégradations pour certains pays, notamment pour le groupe des pays en développement à bas revenus, note le FMI. La dégradation reflète aussi une détérioration des perspectives à court terme pour le groupe des économies avancées, en partie à cause des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
L’activité industrielle mondiale souffre depuis plusieurs mois de pénuries de composants tels que les semi-conducteurs, de l’engorgement des installations portuaires, d’une pénurie de porte-conteneurs ou encore d’un manque de main-d’oeuvre dans certains pays. Et cette situation nourrit la hausse des prix dans les pays les plus riches.
Le FMI estime que l’inflation devrait retrouver dès l’an prochain son niveau d’avant la pandémie, après avoir fortement augmenté cette année, mais il met en garde contre le risque de voir les perturbations des chaînes d’approvisionnement favoriser un désancrage des anticipations d’inflation.
La révision à la baisse de ses prévisions concerne en premier lieu les Etats-Unis, pour lesquels il ne table plus que sur 6% de croissance cette année, contre 7% en juillet. Et la reprise de la première économie pourrait être encore freinée, souligne le FMI, car ses prévisions supposent que le Congrès approuve avant la fin de l’année les projets de dépenses budgétaires de 4.000 milliards de dollars sur dix ans de l’administration Biden qui opposent démocrates et républicains au Congrès. Les économistes ont commencé à revoir leurs prévisions sur l’économie américaine ces derniers jours, à l’image de ceux de Goldman Sachs.
Plus optimiste pour la zone euro
Pour l’Allemagne, le Fonds table désormais sur une croissance de 3,1% cette année, soit un demi-point de moins qu’en juillet, et pour le Japon, il ne prévoit plus qu’une expansion de 2,4% contre 2,8%.
En France, la croissance devrait atteindre 6,3% en 2021, un demi-point de plus qu’attendu il y a trois mois, une prévision très proche de celle - revue à la hausse lundi - du gouvernement (6,25%).
Pour l’ensemble de la zone euro, le FMI table désormais sur une croissance de 5%, contre seulement 4,6% lors de ses précédentes prévisions en juillet et avant 4,3% attendus l’an prochain.
La prévision pour la Chine, deuxième économie mondiale, n’a été réduite que de 0,1 point à 8%, le FMI évoquant un déploiement plus rapide qu’anticipé des investissements publics.
Divergences
Le FMI met par ailleurs en garde contre la divergence des trajectoires économiques, amplifiée par ce qu’il appelle «le grand fossé des vaccins», les pays à bas revenus, dont 96% de la population ne sont pas encore vaccinés, s’exposant à une période prolongée de croissance plus faible, et donc à une aggravation de la pauvreté. Ces pays ont besoin de 250 milliards de dollars supplémentaires de dépenses pour combattre le Covid-19 et renouer avec la trajectoire de croissance d’avant-crise. Leur activité économique devrait être l’an prochain inférieure de 6,7% à son niveau d’avant la pandémie, alors que celle des pays avancés serait supérieure de près de 1%, estime le FMI.
Plus d'articles du même thème
-
Andrew Balls (Pimco) : «La croissance résiste mais les risques augmentent aussi»
La société de gestion spécialisée sur les marchés obligataires et de crédit a publié ses dernières perspectives. Le directeur des investissements obligataires, Andrew Balls, résume, en avant-première pour L’Agefi, cette analyse sur l’économie et la dynamique pour les marchés de taux et de crédit. -
L'Etat impose sa loi au tour de table d'Eramet
Le sauvetage financier du groupe minier ressemble à une nationalisation qui ne dit pas son nom. L'Agence des participations de l'Etat ne dépassera pas le seuil fatidique des 50% du capital, mais son poids relèguera de fait les autres actionnaires, famille Duval comprise, à un rang subalterne. -
Malgré les vents contraires, l'économie mondiale devrait continuer à croître de plus de 3%
Le Fonds monétaire international a légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance grâce notamment à l'importance des investissements dans l'IA. Plusieurs éléments menacent toutefois la bonne tenue de l'économie mondiale.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Partenaires particuliers« Pas un proxy, mais un partenaire stratégique » : l'alliance entre les Houthis et l'Iran qui fait trembler l'Arabie saoudite
Né dans les montagnes du nord du Yémen dans les années 1990, le mouvement yéménite s'est progressivement rapproché de Téhéran, dont il constitue désormais un puissant allié -
Roi nuPrésidentielle : autopsie d'une paralysie française
A 200 jours du second tour, l'accumulation des crises, l'impasse politique et le lent étranglement financier doivent rendre modeste le futur Président sur ses capacités à appliquer son programme -
Budget : le PS tourne le dos, le RN joue les bons élèves
Le pemier a déposé pour la première fois une motion de rejet, à laquelle le second a choisi de s’opposer. Ce qui l'expose à un équilibre délicat : rassurer les marchés financiers sans donner l’impression de faire cause commune avec la macronie