Le doublement du dividende d’Altamir Amboise laisse Moneta AM sur sa faim
Près d’un an après la fronde d’actionnaires minoritaires, Altamir Amboise vient de modifier sa politique de dividende. La société de private equity proposera à l’AG du 18 avril de doubler le dividende à 0,41 euro pour les porteurs d’actions ordinaires.
«Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus, mais ce n’est qu’un premier pas, explique Romain Burnand, directeur général de Moneta Asset Management, qui détient via des fonds un peu plus de 9% du capital. Le dividende offert ne représente qu’un taux de distribution de 26% du résultat IFRS, un niveau très faible pour le secteur. Pourtant, le prospectus de 1998 lors du transfert de la société sur le nouveau marché précisait ‘l’intention de distribuer 90% de ses bénéfices’.»
L’an dernier, Moneta et l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) avaient déposé une résolution demandant le relèvement du dividende ordinaire de 0,2 à 1 euros. Cette résolution externe n’avait réuni que 31,3% des suffrages, mais près de 50% hors la participation de Maurice Tchenio, patron d’Altamir, et des associés Apax.
Altamir avait alors commandé une étude comparative sur la rémunération des actionnaires, qui l’a conduit à fixer le dividende dans une fourchette de 2 à 3% de l’ANR. «Au lieu de mandater la banque Rothschild pour établir une politique de dividendes, et d’en faire vraisemblablement supporter le coût par les actionnaires, le conseil de surveillance aurait mieux fait de les écouter, particulièrement lors de l’AG houleuse de l’an dernier», ajoute Romain Burnand.
«Depuis sa création en 1995, Altamir Amboise n’a rapporté aucun argent à ses actionnaires, et a contribué à détourner les épargnants des actions, alors que l’indice CAC 40 dividendes réinvestis a triplé sa valeur sur la période, poursuit Romain Burnand. Or, la direction indiquait dans le prospectus de 1998 viser un taux de rendement interne (TRI) annuel net pour les actionnaires de 15%.»
Siparex, une structure similaire à celle d’Altamir, «a offert à ce jour un retour de 2,5 fois à ses actionnaires, constate Romain Burnand. Quelle est donc la raison d’être d’Altamir, si ce n’est de verser des commissions à ceux qui la gèrent?» Moneta AM milite désormais pour une gestion de la société en extinction, comme l’a fait Siparex, par une politique de rachats d’actions régulière.
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