Le déficit de liquidité des banques européennes pourrait perdurer
Il est alimenté par l’absence de perspectives de croissance et la faiblesse de la croissance des dépôts bancaires, selon McKinsey
Publié le
Antoine Landrot
Malgré une certaine détente depuis un an, la liquidité des banques européennes est toujours sous pression. Le manque de liquidités atteindrait 1.200 milliards d’euros, estime Selon McKinsey dans une étude consacrée à l’avenir du refinancement des banques, qui sortira prochainement en France.
En dépit des mesures de la Banque centrale européenne, McKinsey estime que les banques ont un besoin structurel de 1.000 milliards d’euros pour combler le déficit de liquidités entre leurs activités de crédit (environ 12.300 milliards d’euros) et leurs dépôts (11.300 milliards).
Selon le cabinet de conseil, cet écart devrait s’accroître de 20% (ou 200 milliards) d’ici à 2018 au vu des perspectives économiques et de la faible croissance des dépôts. Selon la BCE, ceux-ci n’ont crû en moyenne que de 0,7% par an entre 2008 et 2012 (à 17.193 milliards d’euros), en dépit des exigences de liquidités imposées par la future norme de Bâle 3, applicables à partir de 2014. «En prenant en compte les propositions de nouvelles règles de Bâle 3, c’est un déficit similaire de 1.200 milliards entre les bilans combinés des établissements européens et le niveau exigé par le futur ratio de liquidité à un an», ajoute McKinsey.
En outre, rappellent les rédacteurs de l’étude, les notes de crédit des banques – qui déterminent en grande partie leur condition d’accès aux marchés – sont largement dépendantes des notes des Etats. A ce titre, une dichotomie entre les établissements des pays du nord et du sud de l’Europe s’est installée.
En se fondant notamment sur les statistiques de la BCE, McKinsey a calculé que les banques françaises souffrent du plus grand écart de liquidité des 17 pays de l’Union européenne: 433 milliards d’euros (soit 5% de la taille de leur bilan). Il atteint 347 milliards en Italie (8%), 195 milliards en Espagne (5%), 138 milliards en Irlande (11%) et 92 milliards en Grèce (21%).
De l’autre côté du spectre, le secteur allemand affiche un excédent de 17 milliards et les Pays-Bas de 59 milliards.
Cette situation «affaiblit la position des banques méridionales dans les activités internationales, par rapport aux concurrentes qui ont accès à un financement meilleur marché. Un sujet crucial dans la mesure où les premières avaient étendu avec succès leur présence internationale – les banques italiennes en Europe centrale, les ibériques en Amérique du Sud et les grecques dans les Balkans et en Turquie», précise McKinsey.
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