Le «dark pool» IEX veut s’offrir le statut de marché boursier réglementé
Popularisée par le livre «Flash Boys : a Wall Street Revolt», de Michael Lewis, qui dénonce les dérives du trading à haute fréquence, la plate-forme alternative américaine IEX va changer de dimension. La société new-yorkaise a fait part hier dans un communiqué de son intention d’obtenir auprès du régulateur boursier américain le statut de marché boursier réglementé. Le dernier dark pool américain à avoir franchi le pas est Bats Global Markets en 2010.
Afin de financer sa mutation, IEX vient de boucler un nouveau tour de table à hauteur de 75 millions de dollars (57 millions d’euros). Emmené par Spark Capital, le consortium d’investisseurs comprend, entre autres, Bain Capital Ventures, MassMutual Ventures, Franklin Resources, Cleveland Capital Management, TDF Ventures, Jim Clark (Netscape) et Steve Wynn (Wynn Resorts). Selon des sources citées par le Wall Street Journal, la valorisation d’IEX ressort entre 200 millions et 300 millions de dollars.
La plate-forme alternative a bâti son succès en revendiquant un modèle novateur et plus équitable pour négocier des titres. Détenue uniquement par des investisseurs buy-side, elle déploie un système de trading qui ralentit volontairement le délai entre l’envoi et l’exécution d’un ordre afin de mettre les traders à haute fréquence sur la touche. Certaines de ses particularités devront obtenir l’aval du régulateur. C’est le cas notamment du traitement préférentiel que la plate-forme réserve aux courtiers qui parviennent à procéder en interne à l’appariement des ordres, au détriment d’autres courtiers affichant le même prix et bénéficiant de la priorité temporelle. Selon IEX, ce dispositif («broker priority»), qui ne représente que 3% du trading actuellement sur IEX, permet de réduire la fragmentation de la liquidité et par là même de limiter le nombre de dark pools, au bénéfice des investisseurs. Une telle spécificité promet un débat enflammé et le feu vert de la SEC paraît loin d’être assuré.
En attendant, IEX vante la rapidité de son développement: «Depuis le premier trimestre 2014, IEX a triplé le volume de trading moyen quotidien et au cours des dernières semaines, le volume des participants a dépassé les 100 millions de titres par jour.» La plate-forme reste toutefois loin derrière ses principaux concurrents. Sa part de marché sur les actions américaines reste inférieure à 1%, contre environ un cinquième du volume pour chacun des grands opérateurs (Nasdaq, Nyse, Bats).
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