Le cuivre perd de son éclat
Le cours du cuivre est loin de son record de mai dernier. Depuis début août, le métal a retrouvé sa tendance baissière dans un contexte de résurgence du Covid-19 et d’inquiétude pour la croissance mondiale. L’accord salarial préliminaire trouvé mercredi entre le groupe BHP et les syndicats de la plus grande mine du monde au Chili, éloignant le spectre d’une grève et donc d’une baisse de production, a accentué la baisse mercredi. Le prix du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) recule désormais de 6% depuis début août et de près de 13% depuis le point haut de mai, à 9.515 dollars la tonne.
Craintes sur la croissance mondiale
«Le sentiment d’aversion au risque continue d’affecter les métaux, relèvent les stratégistes d’ING. L’indice dollar a bondi à un sommet d’une semaine avec la hausse des rendements américains. La nouvelle vague de cas de Covid en Chine ajoute également aux inquiétudes sur la demande du plus grand consommateur de métaux au monde.» La résurgence de la pandémie de coronavirus ces dernières semaines, avec la propagation rapide du variant Delta, et les risques que de nouvelles restrictions soient mises en place pour y faire face, font craindre un coup d’arrêt dans la reprise mondiale. Ces inquiétudes sont accentuées par le fait que la croissance a atteint son pic en Chine depuis le début de l’année et probablement aussi aux Etats-Unis récemment.
C’est en Asie que la progression du variant inquiète le plus et notamment en Chine qui a pris de nouvelles mesures radicales pour y faire face. Le pays est le principal consommateur de cuivre, or les dernières statistiques montrent un ralentissement marqué de la croissance avec notamment une réduction des importations de cuivre en juillet (-1% en rythme mensuel), pour le quatrième mois consécutif.
Un autre facteur est venu peser sur l’évolution des prix du métal : la hausse récente du dollar avec les anticipations de tapering (réduction des achats d’actifs) de la Fed dès cet automne, confortées par les commentaires de certains responsables de l’institution. Les cours des matières premières et du dollar sont inversement corrélés.
Accord salarial chez BHP
Les craintes de grève dans la plus grande mine au monde appartenant au groupe minier BHP, Escondida au Chili (5% de la production mondiale), avaient quelque peu soutenu les prix ces derniers jours, le marché s’inquiétant de possibles ruptures d’approvisionnement. La forte hausse des prix du cuivre depuis un an (+22% depuis le début de l’année) a provoqué des tensions salariales. La compagnie a annoncé un accord avec les syndicats qui doit désormais être ratifié par leurs membres. Cet accord à Escondida pourrait faciliter la résolution de conflits sociaux dans d’autres mines du pays.
Même l’annonce du vote par le Sénat américain du plan d’infrastructure de 1.000 milliards de dollars, dont plus de la moitié concerne des investissements dans des routes, des ponts… avec un effet positif sur la demande de métaux, n’est pas suffisamment puissant pour soutenir le cuivre. Pourtant ces programmes d’investissement, notamment dans la transition énergétique, doivent consolider la demande à moyen terme pour les métaux et donc soutenir les prix. Le responsable d’une organisation regroupant plusieurs grands groupes miniers au Chili (Sonami) a jugé que les cours du métal rouge devraient rester élevés au cours des trois ou quatre prochaines années sans entrevoir pour autant un super-cycle.
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