Le Crédit Foncier sort le marché français de la titrisation de sa léthargie
La vraie réouverture du marché français de la titrisation immobilière est imminente. Le Crédit Foncier a engagé mi-avril le placement de plus de 920 millions d’euros de titres adossés à des prêts au logement. Dirigée par le prêteur avec l’appui de Credit Suisse, Natixis, ainsi que de Lloyds, JPMorgan et RBS, la transaction doit être mise à prix dans la première quinzaine de mai. Il s’agirait du premier RMBS français placé sur le marché depuis le début de la crise financière en 2007, et pas seulement retenu au bilan de l’émetteur pour servir de monnaie d’échange au guichet de la BCE.
«Cette opération est importante pour le marché européen de la titrisation car elle devrait être déconsolidante, estime Jean-David Cirotteau, analyste financements structurés chez SG CIB. Pour les banques, ce sera ainsi un outil supplémentaire de financement et de réduction de leurs bilans. Le placement donnera des indications intéressantes sur les niveaux de prix des tranches subordonnées».
La transaction comporte six tranches, dont deux tranches A1 et A2 de 426 et 374 millions respectivement, toutes notées et destinées à être vendues aux investisseurs – l’une des conditions de la déconsolidation. La filiale de BPCE conservera 5% du portefeuille titrisé. «Les prêts sont tous amortissables à taux fixe, et bénéficient d’une hypothèque de premier rang, et/ou d’une caution (19,2%) de Crédit Logement», précise la recherche crédit de Natixis. La tranche A2 pourra être remboursée tous les 5 ans par émission de nouveaux titres similaires, une option qui évite aux investisseurs d’avoir dès l’origine une exposition trop longue.
La filiale de BPCE, qui ne fait pas de commentaires, ne donnera cependant pas le coup d’envoi à un afflux massif de RMBS français. «De par sa typologie de clientèle et ses marges plus élevées, le Crédit Foncier n’est pas dans la même situation que le reste du marché français. Pour les autres banques, le coût d’une titrisation n’est pas encore en mesure de concurrencer le coût du financement par covered bonds, le crédit hypothécaire ou cautionné restant un produit d’appel à faibles marges», souligne Jean-David Cirotteau.
Le Crédit Foncier se trouve aussi sous la pression de son actionnaire pour réduire son bilan, quitte à émettre des RMBS plus chers que des obligations sécurisées.
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