Le Crédit Foncier allège le fardeau de son portefeuille de titrisations
Le Crédit Foncier a évité le pire au premier semestre. Lesté d’un portefeuille de titrisations de 18,5 milliards d’euros constitué entre 2005 et 2007 et qui consomme une partie de son capital réglementaire, l’établissement a réussi à alléger ce fardeau sur la période. L’exigence en fonds propres à mettre en face de ces actifs est en effet passée de 738 millions d’euros fin décembre 2011 à 578 millions d’euros fin juin, selon le rapport financier semestriel que le groupe a publié fin août.
Le problème a éclaté au grand jour en 2011. Même si ce portefeuille n’a dégagé aucune perte, il consomme des fonds propres en fonction de la notation des titres qui le composent. Plus ces notes sont basses, plus la pondération de l’encours pour le calcul des fonds propres est élevée – jusqu’à 1.250%, ce qui équivaut à déduire du capital l’intégralité de l’exposition. Or, au premier semestre, la crise en zone euro a entraîné de nombreux abaissements de notes. En six mois, la part des titrisations notées AA- ou plus a reculé de 73% à 58%, tandis que la catégorie A est passée de 15,6% à 33%.
Pour éviter une nouvelle hausse de ses besoins, le Crédit Foncier a donc vendu des actifs: 1,5 milliard d’euros sur les six premiers mois. Depuis le quatrième trimestre, cette nouvelle stratégie de gestion en extinction s’est traduite par 2,7 milliards d’euros de cessions et par des rachats de passifs (1,9 milliard) afin de minimiser les moins-values. Au premier semestre, le groupe s’est notamment délesté de la quasi-totalité de ses lignes pondérées à 350%. Mais son portefeuille de titrisations représente encore 17% de ses exigences totales en fonds propres, contre 20% fin 2011.
Avec un ratio tier one de 9,9% fin juin, le Crédit Foncier devrait donc éviter d’appeler à nouveau sa maison-mère au secours. Il a bénéficié en décembre d’une injection en capital de 1,5 milliard de la part de BPCE, après que son ratio de solvabilité est tombé à 7,1 % en septembre 2011 sous l’effet de la crise grecque et du poids des titrisations.
Reste que la liquidation de ce lourd héritage pèsera longtemps sur les comptes. Au premier semestre, le produit net bancaire a plongé de 29%, pour moitié sous l’effet des ventes d’actifs, et le résultat net est tombé à zéro. L’autre moitié est liée au recul de la production de prêts à l’immobilier, qui devrait perdurer avec le retournement du marché français.
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